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Esmerine : le groupe indie montréalais présente son « immersion » turque

Par
Frédéric Cardin

Capoté, paraît-il, le succès que le groupe a connu lors de son passage en Turquie l’an dernier, avec pour conséquence une offre de résidence artistique prolongée à Istanbul, avec des musiciens du cru. Dalmakest né de cette rencontre fructueuse, et représente un tournant pour le band, après des années de rock chambriste plus classique.

La musique d’Esmerine : entre « guts » et intellect

Ça fait un bout que j’admire le travail de ce groupe. Depuis ses tout débuts, il y a une dizaine d’années, en fait. La synthèse opérée entre l’esthétique rock chambriste du Montreal sound de Godspeed… (mais en moins épique), Thee Silver Mt. Zion ou Set Fire to Flames, et celle, plus classique contemporaine, à la Steve Reich, Michael Gordon et Arvo Pärt, me séduit particulièrement. Le parfait équilibre entre « guts » et intellect, quoi.

Dans ses premiers albums, Esmerine nous a habitués à ce post-rock généralement planant, très montréalais, et organisé en vases communicants où les divers groupes de la scène indie se partagent souvent les mêmes musiciens. Le percussionniste Jamie Thompson, qui se joint à Esmerine de façon permanente, a également joué avec Unicorns et Islands, et Sarah Neufeld, la violoniste d’Arcade Fire, est pas mal présente sur Dalmak, en tant qu’artiste invitée.

Dalmak : entre Montréal et Istanbul

En ce sens, Dalmak détonne face à ce classicisme et représente un tournant pour Esmerine. Les sonorités world sont très présentes, témoignage de leur longue résidence à Istanbul. Elles s’immiscent parfaitement dans les coloris électros et la tangente minimaliste américaine, qui n’a pas été totalement évacuée, ce qui donne un résultat qui oscille entre groove turco-moderne et post-rock typique du son de Montréal. La production est léchée, et le résultat, pas mal convaincant.