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Mondial 2014 : la copa du chaos

Par
Ralph Boncy

Les Brésiliens ne sont pas contents. À quelques heures de l’ouverture de la 20e Coupe du monde de la FIFA, qui pourrait bien voir le triomphe absolu de leur sélection nationale, la grogne monte encore d’un cran à Sào Paulo, la mégapole de 20 millions d’habitants où doit se dérouler la cérémonie inaugurale du tournoi le plus suivi de notre galaxie.

Si ce n’était que les budgets faramineux, les stades mal achevés, la grève du métro et les justes revendications de la population en matière de santé et en éducation… Mais même la musique associée à l’événement semble faire beaucoup de mécontents, au point de déboucher sur un concert discordant, quasi cacophonique.

La revanche de Claudia Leite 

Claudia Leite, 33 ans, la reine blonde du carnaval de Bahia, n’a obtenu que 16 secondes en portugais dans la chanson officielle de la compétition; une exclusivité de la multinationale Sony, qui réalise tous les 4 ans l’album autorisé par la Fédération internationale de football association.

Bref, ce morceau phare, We are one (ole ola), coécrit par neuf signataires, ne semble pas encore faire l’unanimité tant souhaitée. Bien qu’il mette en vedette des stars de la pop internationale, l’incontournable Pitbull (d’origine cubaine) et Jennifer Lopez (d’origine portoricaine), va-t-il pouvoir s’imposer, à force de diffusion, pendant 31 jours et 64 matchs, comme l’hymne rassembleur qui remplacerait l'inoubliable Waka waka de Shakira, il y a 4 ans, en Afrique du Sud?

En attendant, le site de Leite, la chanteuse brésilienne, affirme que le réseau de télévision américain ESPN a préféré sa chanson Dékolé avec le chanteur haïtien Jonathan J. Perry, plus entraînante, à celle menée par Pitbull. ESPN qui dépense 300 millions pour la retransmission de l’événement sportif dont elle espère gagner un taux d'écoute record n'avait pas envie de faire imposer d’office un thème musical pour sa couverture sportive.Disons que la direction ne l'entendait pas de cette oreille...

Mais de quand date cette tradition qui associe sport et musique à thème commercialisée? La saga semble avoir débuté à l’occasion de la 8e Coupe du monde, qui s’était tenue en Angleterre, en 1966, avec World Cup Willy, la chanson de la mascotte interprétée par Lonnie Donegan. Cette année, la chanson de la mascotte évoque un animal exotique, le tatou sub-équatorial (Tolypeutes tricinctus). Tatu bom di bola est chantée intégralement en portugais par l'irresistible Arlindo Cruz, un authentique gars de Rio et il n’est pas exclu qu’elle gagne la préférence des gamins et gamines du pays hôte.

Et ce n’est pas tout : il reste la chanson La Copa de todos, dont Coca-Cola a acheté les droits et qui existe aussi en version anglaise sur One love, one rhythm, l'album offciel de la FIFA 2014. À mentionner aussi la non officielle Todo mundo, de Gaby Amarantos, qui parle de compter des buts et tourne beaucoup au Brésil. Et encore Shakira. La Colombienne ne donne pas sa place et son La la la provocant avec Carlihnos Brown qui parle de défi, d’audace et de dépassement, a été vu 27 millions de fois par les internautes dans ses 72 premières heures de diffusion.

Excuse-moi, Neymar

Et puis, il y a ce pavé dans la marre, Disculpe Neymar, ce brûlot enroulé dans une chanson douce. Le chansonnier Edu Krieger, seul à la guitare, s’adresse au numéro 10, le joueur vedette de la Seleçao du Brésil, Neymar Junior, 22 ans. Son message livré en toute simplicité, un peu à la manière du poète contestataire Chico Buarque jadis, dit clairement : « J’aime le foot, mais je dois boycotter ce gaspillage, ce gâchis ».

Une affaire à suivre…