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Elisabeth Kontomanou : en français, s’il vous plaît…

Elisabeth Kontomanou est une vraie chanteuse avec du vécu. Une artiste intègre autant qu'hybride; d'une espèce rare. Noire et Lyonnaise de naissance, elle revendique ses ascendances grecques, égyptiennes et surtout son amour du jazz, celui de Charles Mingus et de Billie Holiday.

Installée en Suède au début des années 1980, elle s'en va galérer à New York dans les années 1990. Puis elle revient en France au milieu des années 2000, où elle est acclamée par la presse spécialisée et couronnée enfin du prix Victoire de la musique jazz comme une révélation. Bilan de carrière : neuf albums en anglais encensés par la critique.

Et Kontomanou n'avait pas dit son dernier mot. Voici donc le dixième disque, comme un cadeau, consacré exclusivement à la chanson en français et aux airs qui ont bercé son enfance. Cela va de Piaf à Bécaud, de Brel à Nicoletta, qu'elle idolâtrait comme une « soul mama » lorsqu'elle avait 10 ans.

« Quand j'étais enfant, j'écoutais, évidemment, beaucoup de chansons, avoue l'intéressée comme si elle confessait un péché mignon. Mais je n'osais pas les chanter... »

Elle le fait maintenant comme une affirmation de son identité nouvellement réappropriée mais sans jamais le moindre cabotinage.

Mais si Le temps ou Sur ma vie d'Aznavour ressemblent à des standards de jazz instantanés, il y aurait beaucoup à dire des quatre créations nouvelles concoctées avec ses très jeunes musiciens. La très « nougaresque » Navajo, la chanson-titre, évidemment, dont la mélodie évoque un peu Trenet ou l'impérative Chantez!, qui semble sortie de l'univers cadencé d'un Michel Legrand.

Elisabeth Kontomanou avait déjà une place bien spéciale dans le jazz français malgré ce mélange d'intransigeance et de passion qui pouvait paraître austère à certains auditeurs. Ce nouveau disque plus accessible, plus attachant mais aussi plus ouvert et parfaitement maîtrisé, va certainement lui ouvrir les portes vers de futurs amoureux.

Ralph Boncy