Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

L'opéra: qu'est-ce qui inspire les librettistes?

Par
Sylvia L'Écuyer

C’est Mozart, par l’entremise de Lorenzo da Ponte, qui a fait descendre le spectacle dans la rue et chez les gens. Ce qui préoccupait la maisonnée du comte Almaviva, plus que son libertinage, c’est le mariage de la femme de chambre de la comtesse, Susana, et du valet Figaro. Et puis les héros et héroïnes de grands romans, de Carmen à Don Quichotte, ont inspiré les compositeurs.

En programmant une saison « royale » à l’opéra ce printemps, je me suis demandé si je ne parcourais pas le cours de l’histoire opératique à l’envers. Mais maintenant que je suis plongée dans ces livrets où il est question d’abdication royale (Christine), de mariage princier (Darius), d’abus de pouvoir (Ivan le Terrible), d’actes de sabotage, de trahison, de vérité et de réconciliation (Titus et Le roi Arthus) et de droits des premières nations (The Indian Queen), je me rends compte que la nature humaine est inchangée et qu’on peut très bien imaginer un livret d’opéra en lisant le journal.

D’ailleurs, les prochaines productions des compagnies canadiennes annoncées récemment le confirment : dans quelques jours, le Vancouver City Opera fait revivre, avec un livret de Margaret Atwood sur une musique de Tobin Stokes, la poète Pauline Johnson, fille d’un chef mohawk et d’une Anglaise Quaker qui a lutté pour affirmer son indépendance. Pour novembre prochain, l’Opéra de Vancouver annonce Stickboy, sur un livret de Shane Koyczan et musique de Neil Weisensels, qui dénonce l’intimidation, et pour la saison 2016, l’Opéra de Montréal a commandé un livret à Guillaume Corbeil sur les événements d’Octobre 70 sur lequel Tim Brady écrira un opéra de chambre.

Le vent tourne et les livrets se rapprochent de plus en plus de la vie de tous les jours : aux États-Unis, des opéras sont maintenant inspirés par des films (Joyeux Noël, The shining), par des acteurs de la vie contemporaine (Nixon in China, Dr Atomic) et par les nouveaux médias (Two boys). En Europe, la tendance reste à l’inspiration des grandes œuvres littéraires (Mademoiselle Julie, L’amour de loin). Le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, lui, annonce le thème de sa prochaine saison : Les sept péchés capitaux. De quoi rejoindre un immense public, non?