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Un Beethoven pugnace et délicat

Par
Frédéric Cardin

La violoniste Isabelle Faust et le pianiste Alexander Melnikov, deux partenaires musicaux aguerris, sont rejoints par le violoncelliste Jean-Guihen Queyras, et jettent un éclairage unique sur deux chefs-d’œuvre de la musique de chambre classique.

Le bagarreur sensible

Faust, Melnikov et Queyras sont parmi les artistes classiques actuels les plus acclamés dans leur domaine. Les trois musiciens jouent ici la musique de Beethoven, puissante dans l’expression mais délicate dans l’instrumentation, d’une manière extrêmement leste et souple. Ils lui insufflent juste ce qu’il faut d’ardeur, voire de pugnacité, pour être au diapason avec l’esprit de ce génial mais sensible bagarreur qu’était Beethoven.

Mais la principale beauté de cette nouvelle version, c’est la quasi-transparence des différentes lignes instrumentales, où chaque interprète resplendit avec une très belle limpidité.

Un piano chez Lucky Luke

Il y a aussi une astuce : Melnikov joue sur un pianoforte de 1828, parfaitement restauré. Qu’est-ce que cet instrument, me demanderez-vous? Le pianoforte est la dernière étape dans le perfectionnement technique qui a mené au piano moderne. Sa sonorité se situe quelque part entre le clavecin et le piano. Il pourrait même rappeler furtivement un piano de saloon dans Lucky Luke, mais en mille fois plus beauet, surtout, qui ne sonne pas faux!

Cela crée des résonances très particulières, moins puissantes que celles du piano moderne, ce qui oblige les partenaires musicaux à alléger la « pâte » de leur propre projection sonore. Le résultat est une parfaite adéquation entre force et légèreté, entre l’ombre et la lumière.