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Yannick Nézet-Séguin : comme une chanson de Leonard Cohen

Par
Frédéric Cardin

Comme chez Mozart

Schumann composa ses symphonies dans la décennie 1840, période où les troubles mentaux qui le poussèrent à l’asile se manifestèrent. Derrière les mouvements alertes et la luminosité des orchestrations se cachent des ombres furtives que l’on devine. Le chef d’orchestre a donc choisi d’attaquer ces magnifiques pages comme si c’était du Mozart, avec intensité des émotions et légèreté des textures sonores. C’est un choix judicieux, car chez Mozart aussi il y avait ce panorama affectif et instrumental en clair-obscur.

Les mouvements vifs sont incisifs et diablement énergiques, et d’ailleurs, Yannick Nézet-Séguin accentue subtilement certaines couleurs sombres de l’orchestre afin de confirmer la dualité psychologique de Schumann, la confiance et la crainte.

Yannick Nézet-Séguin dirige l’Orchestre de chambre d’Europe dans le 4e mouvement de la Symphonie no 1 « Printemps » de Robert Schumann

À la conquête de Berlin?

Pendant qu’il illumine de son talent un répertoire éminemment allemand, Yannick Nézet-Séguin se prépare peut-être à un autre grand coup « germanique » : certaines rumeurs en font le prochain maestro du célèbre Philharmonique de Berlin, l’orchestre d’Abbado, Karajan, Furtwängler et Mahler!

Spontanément, cela m’inspire une variation bien personnelle d’une célèbre chanson de Leonard Cohen : « First we take Schumann, then we take Berlin »…