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De Giulini à Nézet-Séguin : un humanisme en partage

Par
Mario F. Paquet

C’est adolescent que Yannick Nézet-Séguin découvre l’enregistrement du Requiem allemand de Brahms, interprété par Giulini à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Vienne. C’est un moment clef de l’existence du jeune musicien. Il en dit : « Ce disque m’a touché comme rien d’autre auparavant et probablement comme rien d’autre par la suite. C’est une rencontre presque prémonitoire parce que ça a déterminé tous mes idéaux musicaux par la suite : l’Orchestre de Vienne, mon affinité avec Brahms, avec la musique chorale et, évidemment, avec cette humanité de Giulini que je ne pouvais encore nommer à ce moment-là. »  Plus tard, il écrit au chef italien et exprime son désir de le rencontrer et de travailler avec lui, ce qu’il réalise à six reprises en 1997-1998. Au cours de ces rencontres déterminantes, le jeune Nézet-Séguin étudie avec le maestro plusieurs œuvres phares de son répertoire : la Symphonie Inachevée de Schubert, la Pathétique de Tchaïkovski, la Rhénane de Schumann, le Requiem de Verdi.

Au sujet de l’enseignement de Giulini, Yannick Nézet-Séguin retient la grande humilité de son approche, sa pensée humaniste, ce sens du partage et de la communion qui sont à la base de toute sa philosophie de la musique. « Chez Giulini, dit-il, le soin du détail se transforme en quelque chose de si humain qu’il en devient métaphysique. » Il parle également de son grand souci de transparence et de clarté, « cette évidence qui fait qu’on rend les armes » lorsqu’on écoute ses interprétations. « Dans sa démarche et ses réponses à l’apparence simples, ajoute-t-il, se cachait un enseignement que je redécouvre encore aujourd’hui et qui est d’apprendre à se faire confiance soi-même. »