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Verdi : Requiem pour les vivants

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Mario F. Paquet

Vidéo :  Yannick Nézet-Séguin comme vous ne l’avez jamais vu! Il dirige les solistes, le choeur et l’Orchestre Métropolitain (Verdi – Requiem : II. Dies irae).


Audio: Yannick Nézet-Séguin nous parle du Requiem de Verdi, au micro de Mario Paquet (mars 2013)

 


Verdi et son Requiem : contexte historique

En l’espace de cinq ans, de 1868 à 1873, l’Italie alors récemment unifiée perd coup sur coup deux de ses plus grands héros, le compositeur Gioacchino Rossini, admiré dans toute la péninsule, et le poète Alessandro Manzoni, véritable porte-flambeau du romantisme italien. Verdi sera bouleversé par la disparition de ces artistes et amis qu’il aimait profondément. À la mort de Rossini, en 1868, il imagine et met en chantier un requiem collectif dont l’exécution, en raison de tracasseries administratives à l’italienne, ne voit jamais le jour. C’est cinq ans plus tard, au moment du décès de Manzoni, que Verdi, éploré, décide de replonger dans ses manuscrits et de composer à lui seul une messe en hommage au grand poète disparu. « Peu de gens auront été plus tristes et plus émus que moi. Maintenant, tout est fini! Et avec lui finit la plus pure, la plus sainte, la plus haute de nos gloires! » écrira-t-il.

 De ce Requiem, sorti de la plume d’un compositeur qui a tant donné à l’opéra et que la scène aura rendu célèbre, on est en droit de se demander s’il n’est pas plus théâtral que religieux. À cette question, j’aime bien la réponse que propose la musicologue Claire Delamarche, dans le Guide de la musique sacrée, publié chez Fayard. Elle mentionne l’attitude ambiguë de Verdi à l’égard de la religion et rappelle ce cri de Iago dansOtello : « La mort, c’est le néant. Le Ciel est une vieille fable! » Elle écrit : « Verdi, qui n’était pas beaucoup plus convaincu de l’existence d’un au-delà que Iago, ne pouvait écrire un Requiem à la ferveur résignée, ni une vision dogmatique effrayante du Jugement dernier, ni une spéculation métaphysique, encore moins un hymne jubilatoire à la gloire de Dieu. Il passe, comme les personnages de ses opéras, de l’espoir à la peur, de l’apaisement à la révolte. Il écrit son Requiem pour les vivants, et non pour les morts, et encore moins pour Dieu. Et l’œuvre, de ce point de vue, n’est pas théâtrale : elle n’est que profondément humaine. » Et tellement verdienne.

Les solistes du concert sont : Andrew Foster-Williams, baryton-basse, John Mac Master, ténor, Karen Cargill, mezzo-soprano et Ailyn Pérez, soprano.

Texte: Frédéric Trudel

Vidéo : François Goupil