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L’ami Brel : décédé il y a 35 ans

Par
Ariane Cipriani

« Il faut dire aux hommes qu’on les aime, pour qu’ils puissent nous aimer. »

Jacques Brel  sur L’homme de la Mancha

Ses premières chansons, inspirées de son éducation catholique et du scoutisme, ne marchent pas. Mais le succès arrive en 1956 avec Quand on n’a que l’amour, ainsi que sa rencontre déterminante avec le pianiste Gérard Jouannest.

Brel ira dans la quintessence de chaque thème, racontant sa Belgique dans Le plat pays, ses amitiés dans JefJojo et Voir un ami pleurer, l’amour qui s’étiole dans La chanson des vieux amants, les marins qui se prennent pour des dieux dans Amsterdam. Et le désespoir qui fait se mettre à genoux dans la géante Ne me quitte pas (reprise bellement par Nina Simone).

Brel a de la tendresse pour Les vieux autant que du mépris pour Les bourgeois. La qualité de son écriture tient à sa langue inventive, voir inventée, et ses  « langueurs océannes ».

Sur scène, d’une intensité rare, Brel a un trac à vomir. Ses mots, sa musique, sa gestuelle bouleversent. Pourtant, il abandonne les tours de chant dès 1967. Son public n’est pas rassasié, mais, comme pour tous ses spectacles, c’est sans appel.

Le public découvre alors un comédien doué, notamment dans les films Les risques du métier et Mon oncle Benjamin, et le retrouve sur scène en Don Quichotte dans sa version de L’homme de la Mancha.

En 1974, l’aviateur Brel se retire aux Marquises avec son Beechcraft Jojo. Il y fait l’avion-taxi pour les habitants. Atteint d’un cancer du poumon qui s’aggrave, il revient en France enregistrer Les Marquises, magnifique disque-testament, puis retourne dans ce lieu où le temps lui semble immobile.

Mais le temps passe pourtant. Voilà, déjà 35 ans. Plus qu’un apport à la chanson, son œuvre est un apport à l’humanité. On s’en émeut encore.