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Il y a 50 ans, la Môme s’est tue

Par
Ariane Cipriani

Édith Giovanna Gassion naît dans la pauvreté en 1915. Mais c’est cette pauvreté qui fera Piaf. Elle offre d’abord sa voix unique aux passants pour récolter au chapeau de quoi manger. Bien vite, elle passe du coin des rues à la scène.

Le gérant de cabaret Louis Leplée lui choisit son nom d’artiste et la fait chanter aux Champs-Élysées. Le succès est immédiat. Piaf chante le Paris de l’époque, des rimes de rue sur de la musique d’accordéon. Ses chansons ajoutent à l’optimisme de l’après-guerre.

Sa collaboration avec les Compagnons de la chanson l’amène à voyager en Europe, aux États-Unis et ici, pour un public avide de chanson française, y ayant moins eu accès durant la guerre.

Sur scène, vêtue de sa légendaire petite robe noire, elle emplit tout l’espace de sa voix puissante et rocailleuse, chantant fougueusement l’amour-passion et l’amour rupture. Ses histoires d’amour, Piaf les dévoile, devenant en quelque sorte une vedette « people » avant le temps.

Piaf a du flair. Elle choisit les collaborateurs les plus talentueux. Michel Emer lui écrit L’accordéoniste. Aznavour lui offre Plus bleu que tes yeux et Moustaki, Milord. Pour la célèbre La foule, Michel Rivegauche s’inspire d’une valse argentine. Piaf s’éprend des Vieux pianos de Claude Léveillée et met en lumière le talent d’Yves Montand, avec qui elle vit une grande histoire d’amour. Mais Piaf écrit aussi une bonne partie de son répertoire, dont ses deux immortelles La vie en rose et L’hymne à l’amour, qu’elle chante même le soir du décès de l’amour de sa vie, le boxeur Marcel Cerdan, en 1949.

Piaf a chanté l’amour comme personne, des histoires à faire fondre l’âme, mais sa santé décline et sa dépendance aux médicaments s’aggrave. Édith Piaf meurt le 10 octobre 1963, le même jour que son ami Jean Cocteau. La France (et au-delà) est alors en deuil de cette interprète irremplaçable.