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Émile Proulx-Cloutier: enfin l'album

Par
Ariane Cipriani

« Si on met bout à bout
Les petits gestes doux
Qu’il a laissés sur sa blonde
Pis qu’on mesure le chemin
Rien qu’avec sa main
Il a fait le tour du monde »
Les mains d’Auguste

On a découvert le comédien dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin. On connaît aussi le cinéaste, notamment pour son poignant documentaire Les petits géants, coréalisé avec sa conjointe, Anaïs Barbeau-Lavalette. Mais le chanteur, un peu moins. Un peu, car après avoir raflé sept prix au Festival en chanson de Petite-Vallée en 2011, Émile Proulx-Cloutier a attiré l’attention et a donné une quarantaine de spectacles. Au piano, avec ses mots qui claquent, on découvre son univers noir, abrupt.

Aimer les monstres était donc attendu.  Ce premier album présente neuf chansons et autant de personnages. Le comédien dévoile ses propres petits scénarios et incarne des « je » multiples, racontant les chagrins, la rage ou le désespoir d’une femme meurtrie (Mayday), d’un gamin se perdant dans les jeux vidéo (Aimer les monstres) ou d’un vieillard usé (Les mains d’Auguste). Les mots dominent la musique, chez Émile Proulx-Cloutier.

Sa langue imagée, orale plus que littéraire, se calque sur l’indémodable duo piano-voix, de la berceuse au style cabaret. Ses récits prennent aussi la forme de slams (Race de monde, Votre cochon se couche,) dans lesquels le chanteur dévoile avec ferveur la dent qu’il a contre la banalité.

Le talentueux Philippe Brault (Pierre Lapointe, Philippe B) réalise ce premier album aux arrangements étoffés et aux styles épars. Les musiques, au service des histoires racontées, ne succombent à aucune tendance du moment, sinon celle d’être bellement orchestrée par des cordes, du trombone, de l’harmonium et du hautbois.