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Marvin Gaye : « Father, father…»

Deux balles. Le révérend Marvin Gay a abattu son fils, le chanteur populaire (connu sous le pseudonyme de Marvin Gaye) de deux balles de révolver à bout portant, au cours d'une dispute familiale à son domicile près de Los Angeles, le 1er avril 1984.

Le 1er avril? On a d'abord cru à une mauvaise blague, d'un goût vraiment douteux. Mais les ambulanciers ont confirmé la tragique nouvelle en arrivant à l'hôpital californien. Il était une heure une, en ce triste dimanche, et le soleil était haut dans le ciel. Gaye aurait eu 45 ans, si seulement il avait survécu quelques heures de plus.

Tout le monde aimait Marvin Gaye. Son apport à la musique soul est inestimable. Sensuel, pacifiste, rassembleur, auteur d’une soixantaine de succès au Billboard depuis le début de l’époque Motown, il a signé son chef-d’œuvre, l’album What’s going on, en 1971. Ce disque indémodable, qui redéfinit toute l’esthétique musicale d’une grande époque, n’a pas pris une ride. La chanson titre commençait par une imploration à sa mère et à son père, ceux-là mêmes qui déclenchèrent la querelle fatale:

 

« Father, Father

    We don’t need to escalate

    For only love can conquer hate »

 

« Père, ô père… Nul besoin d’agressivité. Seul l’amour peut vaincre la haine… », dit-il à son géniteur irascible, qui lui a imposé des rapports extrêmement violents depuis l’enfance.

 

Marvin, à travers son style vocal, mais aussi ses arrangements sophistiqués, continue d’influencer chaque jour des chanteurs et des musiciens d’obédience R&B, jazz et nombre d’interprètes et de créateurs africains modernes. Visionnaire, il a apporté une fluidité dans la fusion des styles qui ne semblait pas exister avant lui.

 

Paranoïaque et dépressif dans ses dernières années, Marvin reste pour nous un sourire, et une si belle une allure.

 

Trente ans déjà… C’est fou quand on y pense.

 

 

 

Ralph Boncy