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Jordan Officer : un artiste libéré sur parole

 Officer est un gentleman, on le sait depuis longtemps. Après 20 ans comme accompagnateur et distingué soliste au côté de Susie Arioli, le guitariste émérite a commis un premier album solo instrumental en 2010 qui lui a valu, soit dit en passant, le trophée Félix du meilleur album jazz création.

Certes, on entendait alors ses timides vocalises dans le morceau Donny entre deux ballades tranquilles teintées d’un bleu plus ou moins profond. Mais rien de comparable à cet I’m free, une véritable déclaration d’indépendance, une renaissance – au sens littéral du terme. Pris par surprise, l’auditeur observe la démarche affirmée par laquelle le musicien tourne le dos au jazz classique, trouve sa voix, s’empare du micro, se « lâche lousse » et s’applique à salir sa réputation.

Réputé pour sa sagesse, sa discrétion, voire ses silences gérés avec tant d'élégance, notre ami Jordan dévoile ici son côté plus électrique, plus âprement blues aussi. Dans certaines pièces carrément ludiques, le jeu se veut plus baveux et on nous laisse même entendre -volontairement-  les distorsions et le grondement persistant de l’ampli mal dompté.

Entièrement fait à New York, avec un batteur et un bassiste américains aux parcours interstellaires, et mixé sur l’avenue Papineau, à Montréal, par Pierre Girard, l’homme qui ne lésine pas sur les décibels, ce deuxième opus en trio (et parfois juste guitare et batterie) marque clairement un nouveau départ pour le rouquin qui sort de sa coquille.

Jordan Officer parle de son album I'm free:

Avec huit compositions originales et deux standards remplis d’humour, le disque – qui ne prétend pas réinventer la roue – nous propose un menu basique, mais avec une touche très personnelle. Pas le blues de BB King, d’Eric Clapton ni de Buddy Guy. Non. Celui d’un gars de Montréal qui se dit musicien blues au départ. Un artiste, libéré sur parole.

 

Ralph Boncy