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Jacques Schwarz-Bart: Le jazz vaudou de Brother Jacques

Résident de New York à mi-temps, mais fils légitime et fier des romanciers guadeloupéens André et  Simone Schwarz-Bart, Jacques le sax ténor, alias «  Brother Jacques  », est une grosse pointure du jazz caraïbe qui s’intéresse depuis longtemps aux affaires d’Haïti. Reprenant là où Buyu Ambroise (un autre saxophoniste créole de Brooklyn) avait posé les jalons il y a dix ans avec le projet Blues in redSchwarz-Bart emprunte deux piliers rythmiques à cette formation : le percussionniste Bonga, et Obed Calvaire, un jeune batteur infiniment talentueux.

Si l’idée d’un choc frontal entre le jazz « coltranien » et la mystique « vaudouesque » n’est pas nouvelle, cette fois elle va plus loin, surtout avec des voix. On entend Stéphanie McKay –épouse du leader- dans Kontredans, la prêtresse Rozna Zila dans Bade Zile, ainsi que l’hallucinant Erol Josué, un initié qui connaît son vaudou sur le bout des doigts et qui appelle les esprits dans Banda et deux autres titres.

Jacques Schwartz-Bart en concert en 2011 au Banlieues Bleues International Jazz Festival:

« J’ai essayé depuis des années d’insuffler le génie de la musique vaudou dans mon monde de jazzman, écrit JSB. Elle partage avec l’opéra un sens de la mélopée lyrique, et avec le jazz l’utilisation de modes complexes (phrygiens et lydiens) ». Évoquant les déportés d’Afrique du temps de l’esclavage, Étienne Charles, l’excellent trompettiste de Trinidad qui se joint à l’équipage, commente lui aussi : « C’est à travers cette musique ancestrale que nous apprenons ce qui était vraiment chez nous, là-bas ». Voilà, en deux mots, ce que désigne le terme « racine » dans le titre « Haïti jazz racine ». Un album important.          

Ralph Boncy