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Dead Obies: la nouvelle langue de Montréal sud

Par
Tony Tremblay

Le collectif ne rappe ni en français, ni en anglais, ni en joual, mais dans un étrange mélange rythmique des trois, souvent incompréhensible, parfois agaçant. Leur nouvel album intitulé Montréal $ud, n'y fait pas exception, confirmant cette nouvelle langue de la banlieue imaginée, ainsi que la capacité des Dead Obies à fabriquer des rythmes efficaces et bien construits.

Depuis la création des Dead Obies en 2011, le collectif se réclame d’une nouvelle forme hip-hop de leur invention, issue de la banlieue, le « post-rap », dans la langue du « sud sale », qu’ils définissent en quelque sorte comme la voie d’avenir du rap. Ambitieux, provocateurs, irrévérencieux, productifs, les Dead Obies nous prouvent avec Montréal $ud qu’ils sont tout de même sérieux dans leurs prétentions.

Si Montréal $ud souffre d’un manque flagrant à la réalisation, s’étirant sur près de 80 minutes, avec 17 morceaux plus conventionnels qu’annoncé, souvent beaucoup trop longs, les Dead Obies arrivent quand même à mettre en place un univers urbain cohérent, alimenté par les préoccupations quotidiennes des membres du collectif. Histoires de sexe, histoires de rue, histoires de bar : s’il est souvent difficile de comprendre ce qu’on nous raconte, on se rend compte néanmoins que la nouvelle langue des Dead Obies est essentiellement musicale, et à ce titre, elle cadre parfaitement avec les rythmes originaux et bien concoctés par le beatmaker VNCE.

Si Montréal $ud des Dead Obies n’annonce peut-être pas tant une nouvelle ère dans le monde du hip-hop, il n’en demeure pas moins que cet album est un incontournable pour avoir une bonne idée de ce que la nouvelle génération de rappeurs a dans le ventre. À découvrir.

Écoutez l'entrevue de Yes McCan et Bear des Dead Obies avec l'animateur Matthieu Dugal à l'émission PM