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Fancy ghetto d’Alexandre Désilets : prôner la joie

Par
Ariane Cipriani

Alexandre Désilets se laisse aller à une pop électro en mouvement, à la fois lumineuse et nocturne. Sa voix, libre et aérienne, à la prononciation aussi pointue que volontairement traînante, sillonne des musiques plus joyeuses que sur ses disques précédents. L’extrait Renégat annonçait un Désilets en grande forme. Les premières chansons confirment cet état de joie.

Puis arrive Hymne à la joie, dans laquelle on retrouve cette mélancolie des débuts qui nous avait charmés. Alexandre Désilets maîtrise toujours la mélodie douce-amère, sa montée, sa charge émotive, comme dans la frénétique Perle rare ou la power ballade Rejoins-moi.

En 2008, la pop électro minutieusement tricotée de l’album Escalader l’ivresse sortait du lot. Fancy ghetto, avec l’abondance de ses synthétiseurs, s’inscrit cette fois tout à fait dans l’air du temps. Désilets, amoureux des sons et de leur agencement, est doué pour parer ses chansons et en dégager des ambiances singulières.

Pour les textes, simples et poétiques, dépeignant des romances espérées ou déchues, Désilets renoue avec Mathieu Leclerc, collaborateur sur l’album La garde.

Au studio Pierre Marchand à Montréal, l’enregistrement de Fancy ghetto a réuni les guitares d’Olivier Langevin (Galaxie, Gros Mené), le doigté de François Lafontaine (Karkwa), les rythmes de Sam Joly (Yannick Rieu, Marie-Pierre Arthur), et la basse de François Plante (Plaster, Afrodizz). Belle gang. Pas étonnant que l’album s’imprègne autant dans les pieds que dans la tête. On aurait même pris une dose supplémentaire de cette tristesse bleutée dont il a le talent et qui nous berce aussi le coeur.