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Santana : Carlos, as-tu du cœur?

Par
Ralph Boncy

La première fois que j’ai vu Carlos Santana, c’était à l’ancien Forum en 1992, lors de l’unique escale à Montréal de la décevante tournée Milagro. On le disait malade et je ne pouvais laisser passer cette dernière occasion d’admirer l’un des vrais héros de mon enfance. Personne alors n’aurait parié 30 deniers sur son groupe, qui avait pourtant inventé le rock latin et changé le monde par un seul album intitulé Santana, en 1969.

En 1999, coup de théâtre. Dans le retour à la scène le plus spectaculaire de l’histoire de la musique pop américaine, la chanson Smooth domine le Billboard pendant 12 semaines consécutives. La guitare magique de Carlos rugit encore, triomphante. L’album dont la pièce est tirée, Supernatural, sorte de patchwork collectif, s’impose aussi comme numéro un des ventes et rafle huit prix Grammy. Précurseur de la mode des disques de duos, cet ovni est la preuve que ce grand musicien a su toucher une autre génération, 30 ans plus tard, et de manière universelle.

Tous amis du rockeur mexicain

À 66 ans, l’homme dont le son de guitare est reconnaissable entre tous serait-il sur le point de rééditer son exploit avec Corazòn? À vous de juger. Encore une fois, il ratisse large dans le choix des invités, et le carrousel est un peu déroutant. Du rappeur Pitbull (d’origine cubaine) au crooner argentin Diego Torres, de Gloria Estefan à Ziggy Marley (qui reprend une chanson de son illustre père), de la star colombienne Juanès au meilleur saxophoniste de jazz du monde Wayne Shorter en passant par une vedette pop brésilienne et un « bachatero » de République dominicaine, bref, tout le monde y revendique l’influence de Carlos Santana comme on célèbre une véritable icône.

À noter que le titre de ce nouvel album signifie bien « cœur » en espagnol et que, malgré le succès d'Oye como va en 1970, la langue maternelle de l’artiste, natif de l'État du Jalisco, au Mexique, n’avait jamais été en proportion majoritaire sur ses albums auparavant. Ayant toujours brandi ses origines latines comme un drapeau, Carlos le flamboyant, le mystique, se devait de boucler la boucle avec un titre qui reflète sa grande sagesse et témoigne de sa sincérité. C’est chose faite.

Cet homme mérite un prix Nobel de la paix!