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Jazzlab Orchestra : aussi excellente qu’importante Quintessence

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Frédéric Cardin

Un nouvel album pour le 15e anniversaire du Jazzlab Orchestra; c’est ce que propose le directeur artistique de l’ensemble, Alain Bédard, avec ce Quintessence, placé sous le signe de la créativité et de son ascendant naturel, la tradition mingusienne.

Du jazz pour oreilles curieuses et plus attentives que la moyenne, c’est ce à quoi le mélomane doit s’attendre avec Quintessence. Sans être du jazz « difficile », l’album du Jazzlab Orchestra exige tout de même un plongeon un cran plus assumé que la moyenne dans un univers sonore sophistiqué.

Ce ne sont pas des standards qu’on y joue, encore moins des compositions originales qui sonnent comme des standards. Ce n’est pas dans un ascenseur qu’on entendra cette musique, mettons. Et c’est une bonne chose, car on ne passe pas tant de temps que ça dans un ascenseur après tout.

Cela dit, l’intensité rythmique, le recours à des bases mélodiques et thématiques évidentes, malgré une tonalité générale assez élargie, ainsi que l’enveloppe sonore ample et gorgée de couleurs riches invitent l’auditeur qui aura fait le saut à être séduit du début à la fin de l’album.

Quintessence est, oui, une sorte de synthèse de l’essence du jazz de création moderne, particulièrement québécois, et des racines de ce dernier, racines nommées Monk, Mingus, Messengers et Evans.

Toute la musique est de Félix Stüssi, pianiste de l’ensemble et pilier de la scène jazz d’ici depuis deux décennies! S’y ajoutent des légendes locales, comme Mario Allard, Samuel Blais et Alex Francoeur aux saxos (on entend aussi ce dernier à la flûte), Jacques Kuba Séguin à la trompette, Louis-Vincent Hamel à la batterie, Thomas Morelli-Bernard au trombone, et le grand capitaine Alain Bédard à la contrebasse.

Aussi important que bon

Dans un contexte aussi trouble que celui de l’état du marché de la musique en ce moment, il faut en avoir, du courage, de la passion et de la conviction, pour oser produire ce genre de plaquette audio. Bédard racontait dans une entrevue au Devoir qu’avec 800 000 lectures en continu, il n’avait reçu que… 1000 $! Ce n’est pas de quoi nourrir un artiste et encore moins faire rouler une maison de production comme Effendi.

Toutefois, tel un lapin à piles increvable dont je ne soufflerai pas le nom, il y a toujours des missionnaires tels que ceux-là, grâce à qui notre bien ingrate société peut continuer à exister. Car si ce n’est pas par sa culture, comment diable pourrait-elle être digne d’être et de mériter sa place dans l’histoire du monde?

Vous offrir d’écouter Quintessence en ligne pendant une semaine, c’est le moindre des gestes que je peux poser pour attirer votre attention. La véritable action à poser, c’est toutefois de l’acheter, parce que c’est aussi important que l’album est bon.

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