Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Rodrigo Simoes et son Jazz brésilien : plus que de la bossa

L'écoute est terminée

Par
Frédéric Cardin

Jazz brésilien rime très souvent avec bossa-nova. Mais avec l’album Jazz brésilien (un titre qui a le mérite d’être clair), le guitariste Rodrigo Simoes ouvre la porte à bien plus qu’au style inventé et popularisé entre autres par Antonio Carlos Jobim. Il nous emmène sur les chemins du maracatú, du forró et de la samba (évidemment), entouré de musiciens élites de la scène jazz montréalaise dont Jean-Pierre Zanella et Sonia Johnson.

Entrevue : Rodrigo Simoes rencontre Stanley Péan
Entrevue : Rodrigo Simoes rencontre Stanley Péan

Animation : Stanley Péan

Émission : Quand le jazz est là

Diffusion : 10 janvier 2019

Audio

Le langage de Jazz brésilien oscille entre tradition et modernité, avec un accent lyrique indéniablement nourri par une agréable moiteur latino-américaine. Sur ces fondations solides, Simoes vient greffer avec intelligence des inflexions modernes qui rappellent les excursions sonores du prof Alain Caron (ex-UZEB). Et ça s’explique aisément : cet album est le fruit du travail de recherche que Simoes a réalisé ces deux dernières années pendant qu’il faisait sa maîtrise en jazz à l’Université de Montréal, sous la direction d’Alain Caron.

Cela dit, même si l’héritage jazz fusion pointe son nez ici et là, la gouaille chaleureuse et déhanchée des riches racines de la musique brésilienne est nettement prédominante.

L’auditeur attentif remarquera bien entendu la présence affirmée de la basse électrique, influence manifeste du prof Caron. Mais l’équilibre des couleurs et des textures va bien au-delà de cela. Simoes a retenu les services de plusieurs maîtres du jazz montréalais : Fabrice Laurent à la batterie et aux percussions, Papacho Sirdey aux claviers (piano, Rhodes, mélodica), Aquiles Melo aux percussions, et bien sûr André Galamba à la basse électrique bien groovée, l’accompagnent à la guitare et à la mandoline.

Le saxophoniste Jean-Pierre Zanella fait quelques apparitions bienvenues, le lyrisme naturel de son instrument venant faire contrepoint à la nature musicalement pointée et essentiellement rythmique de la plupart des autres instruments de l’ensemble.

Et puis il y a, à mon avis, le meilleur coup de Simoes dans ce Jazz brésilien entièrement montréalais : la présence assez généreuse de Sonia Johnson (gagnante d’un prix Juno), assurément l’une des voix les plus accomplies du jazz canadien. La chanteuse collabore à plusieurs des compositions de Simoes, en plus d’écrire les textes, ce qui démontre l’étendue de sa polyvalence et de son talent.

Johnson a une voix idéalement souple et un timbre soprano magnifiquement enrichi d’assises mezzo veloutées. Elle est, qui plus est, une technicienne hors pair ainsi qu’une musicienne dotée d’un instinct improvisatoire et d’une assurance tonale infaillible. Elle peut aussi chanter Monk, Miles, UZEB, Jobim ou Moreira de façon impeccable.

Je n’aurais choisi personne d’autre qu’elle pour parfaitement comprendre le discours de Simoes, situé au carrefour de tout cela, et bien plus encore.

Vous aimerez également :

Les webradios Bossa et Brésil urbain