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Matthew Stevens et Walter Smith III : une emballante vision commune

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Frédéric Cardin

Matthew Stevens est un guitariste de Toronto, et sa rencontre avec le saxophoniste étatsunien Walter Smith III a enfanté un album de très haute qualité artistique intitulé In Common. En compagnie de Joel Ross au vibraphone, de Harish Raghavan à la contrebasse et de Marcus Gilmore à la batterie, Stevens et Smith nous emmènent en voyage dans un univers musical riche et intelligent, quoiqu’un peu trop court à notre goût.

In Common est une rencontre souhaitée et attendue des musiciens présents. Le respect mutuel est évident, le talent de chaque membre du quintette aussi.

La musique qui naît des séances d’improvisation ne table pas sur la virtuosité explosive. Le caractère général de l’album est plutôt décontracté et introspectif. Je crois que c’est un choix judicieux. La finesse expressive de chaque musicien est ainsi magnifiée, ce qui pousse l’auditeur à écouter avec la même attention et le même respect que les artistes offrent eux-mêmes les uns aux autres et aussi envers la musique qu’ils créent en temps réel.

Le modernisme de la palette stylistique sur laquelle s’appuie la musique est assez représentatif de l’ouverture d’esprit du jazz contemporain. Ici un mélange de lyrisme ondoyant et d’harmonies presque atonales, ailleurs une attitude (plus qu’une expression stricte) « boppée », là une base mélodique à la fois minimaliste répétitive et « baroquiste » à la Bach.

Il s’agit d’un impressionnant opus, auquel il faut cependant enlever un point pour la trop courte durée de la rencontre. Moins de quarante minutes sont en effet bien peu pour un album de jazz, surtout avec des musiciens de ce calibre, capables d’assurer pendant une heure minimum, surtout dans un contexte de studio.

Cela dit, ce sera (moins de) quarante minutes que vous apprécierez grandement!

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