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Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs, un Chouïa réussi

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Nathan LeLièvre

Chouïa, ça se compare à un bon vin rouge. Les premières gorgées sont déjà tout à fait respectables, puis au fur et à mesure que le temps s’écoule et que le produit respire, les saveurs se révèlent comme des surprises pour ceux qui le dégustent. Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs font flirter le trad avec la pop, le rock, le classique et la musique du monde. Ça donne un assemblage qui commande une écoute attentive et auquel il vaut la peine qu’on s’attarde. Ce troisième album du groupe est à la fois charnu, costaud et truffé de subtilités.

Les premières pièces de Chouïa sont entraînantes, bien réalisées. Puis soudainement vient Chez moi, quatrième piste de l’album. Surprise, on se transporte un moment au Sénégal avec Élage Diouf, qui vient y ajouter ses percussions et quelques strophes de la chanson Tay. Puis pour la suite – sans pour autant faire un tour du monde complet en musique –, on se transporte dans des lieux musicaux différents. Voilà qui témoigne du travail d’arrangement fort intelligent de la part des Grands Hurleurs et de quelques-uns de leurs collaborateurs aux arrangements, notamment Tommy Gauthier, Olivier Rondeau, François Vallières et Simon Marion, qui ont œuvré dans l’ombre pour faire briller la musique.

En plus des arrangeurs, les talentueux instrumentistes qui collaborent à l’album sont en grande partie responsables de la belle diversité et du renouveau qui nous attend à chaque nouvelle piste. Joli petit nous réjouit les oreilles grâce aux harmonies vocales (les voix féminines de Julie Hamelin et de Stéphanie Bédard ajoutent du relief aux accords). Les cordes du Quatuor esca nous donnent l’impression qu’un orchestre entier s’est emparé du reel qu’est Petit bonhomme, alors qu’elles savent se faire discrètes sur Corsaire, où leur présence évoque une mer majestueuse et menaçante. Jorane pose délicatement sa voix et son violoncelle sur Fille abandonnée; le groupe voulait apporter un peu de lumière à une histoire sombre, pour qu’on imagine mieux « la plus jolie fille que la terre ait portée » qu’évoque le texte. L’objectif est atteint. (Vous nous pardonnerez un instant de nous targuer du fait que c’est grâce à un enregistrement réalisé par ICI Musique, en 2017, que Jorane et les troupes de Nicolas Pellerin ont tissé des liens d’amitié professionnelle. On n’est pas peu fiers de la mention dans le livret!)

Jouer de la musique traditionnelle représente toujours un défi. On veut la mettre au goût du jour sans la dénaturer. Le fait de procéder par des arrangements complexes est répandu, mais c’est un pari risqué. Le danger est d’enterrer la chanson sous une multitude d’instruments et d’en perdre l’âme. Visiblement, ce n’est pas ce que font Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs. Leur trad est ouvert sur le monde, et la présence de tout un chacun (vous le constaterez, ils étaient nombreux en studio) permet de mettre l’œuvre et le talent des musiciens en valeur.

Le mot chouïa vient du Maghreb. En français, il signifie « un peu » et s’inscrit dans le registre familier. On peut donc dire que l’album est bon, pas rien qu’un chouïa!

Une incursion en profondeur dans la musique traditionnelle d'ici, des États-Unis et d'Europe, avec quelques détours par la Russie, la Bulgarie et les pays scandinaves pour une touche de chants polyphoniques et de musique aux rythmes irréguliers. Faites le plein de reels, de jigs, d'airs et de chants à danser d'horizons divers. Du plus trad au folk rock.

Le Vent du Nord, Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs, Värttinä, La Bottine Souriante, Väsen, Les Charbonniers de l'enfer, Solas, Lúnasa, Afro Celt Sound System, Loreena McKennitt, Vishtèn, Natalie MacMaster, The Chieftains, etc.

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