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Louis Lortie joue Saint-Saëns : source intarissable de couleurs vibrantes et d’émotions variées

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Frédéric Cardin

Saviez-vous que Camille Saint-Saëns (le créateur du Carnaval des animaux) a écrit cinq concertos pour piano? Il y a plusieurs perles à découvrir dans ces partitions, et Louis Lortie, accompagné du BBC Philharmonic dirigé par Edward Gardner, nous en révèle toute la teneur grâce à un nouvel enregistrement, Saint-Saëns: Piano Concertos nos 1, 2, and 4, sous étiquette Chandos.

Le Concerto no 1 a quelque chose de l’héroïsme allègre du jeune Wagner, ou encore la force aérienne des symphonies de Mendelssohn, surtout l’écossaise et l’italienne.

Velours et muscles

Le Concerto no 2 est construit d’un son velouté et d’élans solistes musclés, redoutables pour le pianiste à tel point que Saint-Saëns lui-même n’avait semble-t-il pas été à la hauteur lors de la création, avouant candidement par la suite qu’il fallait un meilleur technicien que lui pour dompter cette partition. Saint-Saëns était pourtant un excellent pianiste!

C’est le 1er mouvement qui donne immédiatement cette impression. Le 2e, lui, est plus léger, voire espiègle, mais tout aussi formidable en termes de technique pianistique. Sa mélodie est franchement accrocheuse avec un rythme dansant rappelant celui de la Danse macabre (du même Saint-Saëns), qu’on pourrait renommer ici « joyeuse » grâce à sa tonalité ensoleillée. Le 3e mouvement est une sorte de rondeau endiablé où le piano égrène les notes à une vitesse impressionnante. On comprend aisément pourquoi, des cinq concertos de Saint-Saëns pour le piano, celui-ci demeure le plus joué de nos jours.

Un concerto inhabituel

Le Concerto no 4 est plus difficile à cerner. Il est plus dramatique, mais pas dans le sens de lourd ou grave. Plutôt dans le sens qu’il semble vouloir nous raconter une histoire, pour laquelle on doit se faire des images mentales. Les lignes musicales de l’orchestre et du piano s’entrecroisent de façon plus imprévisible dans les deux premiers mouvements, comme si nous assistions à une conversation privée entre les protagonistes, et non à un discours qui nous est projeté directement. C’est, au contraire, à ce genre de technique discursive directe que le compositeur revient dans les 3e et 4e mouvements, et avec énormément de panache. La transition du 3e au 4e rappelle aussi le début de l’introduction et celui de la finale héroïque du Carnaval des animaux, que Saint-Saëns allait écrire plus tard.

Un concerto de forme et de tempérament inhabituels dans ses contrastes, mais hautement satisfaisant. À découvrir si vous ne le connaissez pas déjà.

Dans tous les cas, Louis Lortie est au sommet de son art. Il est une source intarissable de couleurs vibrantes, d’émotions subtiles et variées, de textures pleines de contrastes et de nuances. L’Orchestre philharmonique de la BBC est un ensemble magistral, et Edward Gardner en fait ressortir toute la tapisserie complexe de possibilités sonores, cela en finesse et en beauté.

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