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Ingrid Jensen rend hommage à Kenny Wheeler : parfaites touches de chaos et de mélancolie

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Frédéric Cardin

La trompettiste canadienne Ingrid Jensen rend hommage à un collègue, une inspiration musicale et un compatriote : Kenny Wheeler. En compagnie du saxophoniste Steve Treseler et de plusieurs autres musiciens de haut niveau, elle fait de l’album Invisible Sounds: For Kenny Wheeler l’une des belles sorties de cette deuxième moitié de 2018.

Ingrid Jensen est comme entrée en mode télépathique avec l’art de Kenny Wheeler, tellement elle semble l’exprimer avec souplesse et naturel. Son ami Steve Treseler au saxophone apporte l’appui harmonique recherché et le petit supplément de velours (ou de swing, c’est selon) qui font de cet album un sommet en son genre.

Le duo est soutenu avec panache par Geoffrey Keezer au piano, Martin Wind à la contrebasse, Jon Wikan à la batterie, Katie Jacobson aux apparitions vocales (546 et Gentle Piece – Old Ballad) et même Christine Jensen, la petite sœur, qui vient illuminer la première pièce de l’album (Foxy Trot, en version studio).

Un bel exemple de symbiose à la fois collective (entre tous les membres du groupe) et stylistique (entre les interprètes et la musique d’origine de Kenny Wheeler).

Kenny Wheeler disait que sa musique comportait une touche de mélancolie et une touche de chaos.

Précisions : la mélancolie de Wheeler est avant tout mélodique, lyrique même. Le sens de la ligne, l’élégance et la finesse du tracé de la mélodie qui laisse une empreinte bienfaisante dans l’esprit de l’auditeur, telle est l’une des marques de sa plume inspirante.

Son chaos, quant à lui, est bien aimable, plutôt de l’ordre du groove un brin échevelé, mais pas déconstruit ou cacophonique, loin de là. Une musique qui plaît aisément à tous et toutes sans faciliter exagérément son discours ou amincir la valeur de son matériau harmonique.