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Les Solistes de l’OSM et l’octuor de Schubert : parmi les meilleurs!

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Frédéric Cardin

Les Solistes de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) nous avaient offert une superbe interprétation du Septuor op. 20 de Beethoven. Ils prennent de l’expansion avec ce nouvel enregistrement où ils s’attaquent à l’Octuor en fa majeur D 803 de Franz Schubert, un héritier de Beethoven, mais surtout l’un des plus grands chefs-d’œuvre du répertoire. Et je suis heureux de dire que l’élite OSMienne s’en tire avec panache, malgré une concurrence solide!

Il y a de tout dans cet octuor : du drame, de la mélancolie, une impulsion de vie pleine d’entrain qui brave crânement le malheur, tout cela animé par des couleurs instrumentales à la fois pétulantes, dignes et songeuses.

L’Octuor, un bijou parmi des joyaux

L’Octuor en fa majeur D 803 de Schubert a été écrit à la même époque que les quatuors Rosamunde et La jeune fille et la mort. C’était une période à la fois tragique et explosive de créativité pour Schubert. Il se savait souffrant de syphilis (et probablement condamné), d’autant plus intensément décidé à donner le meilleur de lui-même avant d’en être empêché par la maladie.

Qui plus est, le salon privé qui donnait tant de temps et d’espace à Schubert et ses amis pour se réunir et parler de littérature et de poésie pendant que le compositeur offrait le résultat de ses inspirations a fermé ses portes à la suite du décès de la mécène qui le mettait à la disposition des artistes. Plusieurs amis de Schubert sont partis de la ville, laissant l’artiste relativement seul dans les cercles littéraires qu’il fréquentait. Ces derniers, au dire même de Schubert, se sont retrouvés envahis par de jeunes gens plus intéressés à parler « d’équitation et d’escrime, de chevaux et de chiens ». Aujourd’hui, dirions-nous « de hockey, de bière et de chars »?

Prélude à l’Ave Maria

C’est dans ce contexte qu’il écrit ce monument artistique, un mélange de beauté mélancolique, de finesse bucolique, de drame intérieur tout en subtilités et de réflexion habitée de philosophie humaniste.

Remarquez bien le début du 2e mouvement : c’est une prémonition du célèbre Ave Maria que Schubert a écrit dans le courant de l’année suivante!

Les Solistes de l’OSM (Andrew Wan et Olivier Thouin aux violons, Victor Fournelle-Blain à l’alto, Brian Manker au violoncelle, Ali Yazdanfar à la contrebasse, Todd Cope à la clarinette, Stéphane Lévesque au basson et John Zirbel au cor) se mesurent à forte partie. The Academy of St Martin in the Fields en a fait une très belle lecture, mais aussi le Nash Ensemble. On ajoutera Viktoria Mullova et ses amis ainsi qu’une version récente, un brin déroutante, mais fascinante, d’Isabelle Faust.

Bref, les Solistes sont en compagnie prestigieuse. La bonne nouvelle est qu’ils s’en sortent très bien. Les Montréalais ont fait le choix d’une approche élégante, mais aucunement affectée. Ils font le pari d’un Schubert classiciste de belle tenue et semblent poussés par l’envie d’amener toute la beauté de cette écriture alerte et introspective jusqu’à son accomplissement sonore logique.

C’est une façon idéale de faire de la musique de chambre, on sent tous les instrumentistes totalement impliqués dans la création d’un paysage musical à la fois pudique, bienfaisant et émouvant.

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