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Zoubida, d’Ayrad : Casablanca, PQ

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François Lemay

Intitulé Zoubida en l’honneur de la grand-mère de Hamza Abouabdelmajid, meneur de la formation montréalaise Ayrad, voici le deuxième album de ce groupe qui s’installe tranquillement comme un incontournable des musiques du monde.

Il faut dire que leur album précédent avait fait bonne impression. Lancé en 2014 et nommé à l’ADISQ et pour un prix Juno, entre autres, il a permis au groupe de se produire sur plusieurs scènes internationales et de se forger une belle réputation. Si cet album était un peu plus traditionnel dans son approche du raï, par exemple, Zoubida s’inscrit plutôt dans une démarche contemporaine, plus rock et pop, avec quelques belles touches de funk ou de musiques du désert. Une espèce de mélange entre les musiques des regrettés Rachid Taha et Dédé Fortin, époque Dehors novembre, alors que celui-ci s’ouvrait aux musiques de partout sur la planète.

En fait, on entend dans Zoubida un effort de démocratisation de la langue arabe par le chanteur et parolier Hamza Abouabdelmajid, qui utilise cette langue pour parler de sujets considérés comme tabous dans la culture marocaine dont il est issu. L’alcool et le sexe, entre autres, sont des sujets dont il est question ici, sujets rarement abordés dans les chansons écrites en arabe.

Si l’album est constant dans son ensemble, quelques bijoux ressortent quand même, dont Boumboum, qui sert de pièce de départ, un adroit mélange de pop et de funk qui nous permet de taper joyeusement du pied. Une chanson qui raconte qu’autant les hommes que les femmes ont besoin de séduire. Sur Ha raï, premier extrait de l’album, Abouabdelmajid s’offre même le luxe de critiquer les nouveaux courants en musique raï, qu’il compare à des calamités, autant sur le plan musical que sur celui des textes, qu’il trouve un peu trop légers à son goût.

Par-dessus tout, Ayrad nous offre une musique qui donne envie de célébrer la diversité. En fait, de célébrer tout court, parce qu’il y a toujours une bonne occasion de faire la fête !