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Héritage : hommage à Félix Leclerc, un hymne à la beauté

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François Lemay

Le 8 août dernier, cela a fait 30 ans que le grand Félix Leclerc nous a quittés. Il fallait trouver une façon originale, sensible et intelligente de lui rendre hommage tout en nous faisant entendre, comme si c’était la première fois, une partie de son œuvre. La commande était donc immense, et à cet égard, disons-le d’entrée de jeu, l’album Héritage : hommage à Félix Leclerc dépasse grandement les attentes.

Premièrement, on n’a couru aucun risque en confiant à Monique Giroux la conception de cet album. Cela prenait une excellente tête musicale pour éviter que l’album ne parte dans tous les sens. Quelqu’un maîtrisant l’œuvre immense de Félix, capable de comprendre son envergure historique, tout en ayant les deux pieds dans le présent afin de choisir de jeunes interprètes aux épaules assez solides pour mener à bon port les chansons choisies.

Deuxièmement, c’est au chef associé de l’Orchestre symphonique de Montréal Simon Leclerc qu’on a demandé de trouver un fil conducteur musical, histoire de créer un liant esthétique fort. Avec un quintette à cordes issu de l’OSM, le chef Leclerc a su créer des arrangements qui évoquent les belles années de la grande chanson, qui nous rappellent que l’œuvre de Félix vient en grande partie de cette époque. Il a fait un travail superbe, évocateur d’une certaine nostalgie sans jamais en abuser.

Troisièmement, cela prend des interprètes capables de s’approprier des chansons fortes avec respect, sans ce surplus de déférence qui aurait pu, finalement, créer un certain malaise. Comme ils ont tous moins de 30 ans et qu’ils n’étaient pas au monde lors du décès de Félix, il fallait être en mesure de transporter dignement cet héritage musical. Lou-Adriane Cassidy, Lydia Képinspy, M-MO, Sam Harvey, Éric Charland, Charles Landry, Pomme, Mon Doux Saigneur, Matt Holubowski et Émile Bilodeau se partagent admirablement bien la tâche. Mais je dois avouer une petite préférence personnelle pour l’interprétation de L’an 1 par Képinski, d’Ailleurs par Matt Holubowski et des 100 000 façons de tuer un homme par Émile Bilodeau. Peut-être parce que la façon naturelle de chanter de ces trois artistes est plus près de l’essence de ce projet? En tout cas, ces versions ont un petit je-ne-sais-quoi de plus, sans rien enlever aux autres, bien entendu.

Et quatrièmement, le choix des chansons. C’est là qu’il a fallu du courage pour sortir des sentiers battus, fouiller dans le catalogue de Félix pour trouver des chansons qu’on a peut-être un peu moins entendues, mais qui n’en sont pas moins magnifiques. Si l’on reconnaît certains classiques comme Moi mes souliers ou Le tour de l’île, c’est sous forme de courts interludes instrumentaux. Une façon de rassurer ces chansons qui sont généralement en vedette lorsqu’il est question de Félix : non, on ne vous oublie pas, mais là, on va un petit peu ailleurs.

Félix a dit, un jour : « Il y a plus de courage que de talent dans la plupart des réussites ». Ce qui tombe très bien puisque, ici, on trouve les deux ingrédients et ce, en très grande quantité. Bref, du plaisir et du grand bonheur dans l’écoute du début à la fin.