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La métaphysique de l’ordinaire, de Maxime Auguste : le plaisir de la tranquillité

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Par
François Lemay

Il y a de ces artistes dont nous aimons suivre l’évolution, qui grandissent sous nos yeux. C’est le cas de l’auteur-compositeur-interprète Maxime Auguste, qui nous présente son premier album, La métaphysique de l’ordinaire, un recueil de treize chansons à saveur folk qui marque une maturation solide depuis Prendre la fuite, son premier maxi, paru en 2015.

Ce descendant de Madelinots vivant à Montréal se rapproche de plus en plus du travail dépouillé de Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque), dont les mots sont tellement efficaces pour évoquer des ambiances. Aussi, il y a cette façon de chanter, qui rappelle grandement celle de Philippe B. Pour ce qui est des chansons en tant que telles, on les écoute en marchant tranquillement, en passant par les ruelles, quand le soir tombe sur la ville et qu’on se demande si on est vraiment en train de tomber amoureux de son dernier flirt ou si c’est juste une histoire de lit.

Évidemment, certains des thèmes abordés (les amours incertaines et la ville comme personnage) paraissent un tantinet usés, mais c’est fait ici avec une intelligence, une sensibilité qui tombe au bon moment dans le cheminement d’Auguste. Il a acquis assez de maturité depuis ses premiers essais musicaux pour se permettre le luxe de les aborder. Pour reprendre la fameuse citation de Gilles Vigneault : « Tout a été dit, mais pas par moi! » De plus, il termine le tout en beauté avec la courte, mais efficace Survie et déclin d’un auteur-compositeur-interprète, chanson dans laquelle Auguste raconte qu’il est trop fatigué pour faire la gueule et, encore plus, pour le chanter. Un genre de clin d’œil à l’intensité des émotions que l’on vient de traverser.

On note, sur cet album, les magnifiques arrangements des cordes de Guido Del Fabro (collaborateur de Pierre Lapointe et d’Émilie Proulx-Cloutier) et la réalisation dépouillée, mais extrêmement juste de David Méliès. Collaborent aussi à cet album l’ancienne Révélation jazz Radio-Canada Guillaume Martineau et la chanteuse Sarah Toussaint-Léveillé.

C’est donc un premier album fort bien réussi, autant dans son écriture poétique que dans son exécution, qui démontre, encore une fois, que l’architecte Mies van der Rohe avait raison avec son fameux « Less is more ».