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Al Muirhead : respectueux regard sur le passé

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Frédéric Cardin

Le trompettiste Al Muirhead est un honorable doyen du jazz canadien. Il a beau avoir 82 ans et une réputation irréprochable dans l’Ouest (il vient de l’Alberta), il est moins connu dans l'Est, surtout du côté francophone. Son album Undertones, qu’il vient de sortir avec quatre autres pointures du jazz unifolié (formant ainsi le bien nommé Al Muirhead’s Canadian Quintet), le fera découvrir à tous ceux qui ne l’avaient pas encore ajouté à leur liste d’écoute, en particulier les amoureux d’un jazz très standard.

Portrait d’Al Muirhead (en anglais) :

Muirhead est un gentleman musicien, et ça transparaît à la fois dans les entrevues qu’il donne et dans son style de jeu. Il est le symbole même de ces musiciens âgés qui ont traversé les écueils de l’histoire du jazz (bouleversements stylistiques; drogues et autres éléments perturbateurs; perte d’intérêt dans les médias…) sans trop de blessures.

C’est peut-être parce que le jazz qu’il offre est du genre intemporel, fermement ancré dans les standards et un style qui rappelle le jazz grand public des années 1950, désormais quasi élevé au rang de classique.

Muirhead s’est entouré de quatre musiciens archisolides : Kelly Jefferson (saxophone ténor), Reg Schwager (guitare), Neil Swainson (contrebasse) et Ted Warren (batterie).

Le côté standard de ce que joue Muirhead et son équipe constituera en même temps la pierre d’achoppement pour d’autres, qui y verront un jazz trop indissociable du jazz étatsunien de la grande époque pré-Miles Davis. Un jazz qui manque d’originalité, quoi. En effet, bien malin celui ou celle qui pourrait y déceler de quelconques éléments « canadiens » dans une écoute à l’aveugle.

C’est peut-être la différence majeure entre le jazz de l’Ouest et celui de l’Est. Le premier est généralement plus attaché au son rétro né au sud de la frontière (je n’inclus pas tout le monde là-dedans, tant s’en faut, mais je constate quand même une tendance lourde); le deuxième est plus souvent focalisé sur la création ainsi qu’un langage harmonique chromatique et touffu (on pense à Samuel Blais John RoneyGentiane MGRémi-Jean Leblanc,aux frères Doxas,aux sœurs JensenJérôme BeaulieuHichem KhalfaJacques Kuba SéguinFrançois Bourassa et à tant d’autres).

En fin de compte, Undertones est un regard bienveillant et sans esbroufe sur un jazz impeccablement et agréablement prévisible. Impossible de ne pas l’aimer, mais possible d’espérer plus.

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