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Le grand départ, de David Myles : décollage parfait

L'écoute se termine aujourd'hui

Par
François Lemay

Nous savions que le chanteur néo-brunswickois David Myles maîtrisait de nombreux styles musicaux allant du folk au jazz en passant par le rockabilly. Il ne manquait que la chanson en français à ajouter à son palmarès et voilà que son douzième album, intitulé Le grand départ, comble avec brio ce manque.

Si vous rencontrez pour la première fois David Myles, sachez que ce chanteur aux airs de Buddy Holly a parcouru le Canada, il a étudié en sciences politiques, et son premier instrument est la trompette, dont il joue depuis l’âge de 10 ans.

Autrement dit, le chanteur de 37 ans a du vécu, et cela s’entend dans cet album introspectif et lucide alors qu’il dresse un portrait intimiste et juste de l’être humain qu’il est, ici et maintenant. La chanson pop adulte contemporaine, un créneau qui reprend ses lettres de noblesse depuis quelques années (pensons aux plus récents albums d’Ariane Moffatt ou de Marie-Pierre Arthur), va à ravir à Myles, qui évite le piège de la fausse jeunesse éternelle.

L’album, superbement réalisé par François Lafontaine, sur lequel on retrouve des collaborations avec Caracol, Gaële, Florence K et Marie-Pierre Arthur (en parlant de la louve), s’écoute d’une traite, sans rupture de ton. Les musiques sont abouties et riches, sans jamais tomber dans une certaine mièvrerie qui peut, malheureusement, venir parfois avec le genre.

Myles a beau explorer un nouvel univers et chanter dans une langue qui n’est pas la sienne, il retrouve néanmoins ses vieux comparses Alan Jeffries à la guitare et Kyle Cunjak à la basse, ce qui l’aide probablement à solidifier sa démarche. Le territoire est inconnu pour Myles, mais les compagnons de voyage restent les mêmes. Et, pour couronner le tout, on trouve une magnifique interprétation de la pièce Le temps de l’amour, de Jacques Dutronc. Cette chanson, qui a du vécu depuis sa première incarnation en format instrumental sous le titre de Fort Chabrol en 1960 et popularisée par Françoise Hardy, prend ici des petits airs de Gainsbourg, première époque.

Disons-le : David Myles réussit avec savoir-faire son premier album en langue française et on en veut encore!