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Elisapie revient aux guitares, entre la grâce et la robustesse

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Ariane Cipriani

Ça faisait longtemps. Trop longtemps même. Cinq ans entre deux albums, c’est une éternité dans l’industrie et pour les admirateurs de cette artiste du Nord, qui trouvent dans sa musique enivrement et apaisement.

Elisapie revient donc avec un troisième enfant dans les bras et un très beau troisième disque dans les bagages. Après le dansant et électronique Travelling Love, elle retourne aux sonorités chaleureuses des instruments acoustiques et à la rudesse des guitares électriques.

L’album s’ouvre avec Arnaq, qui signifie « femme » en inuktitut. C’est sur ce rock rude qu’on retrouve l’assurance calme de la chanteuse. Suivent une dizaine de chansons, plutôt douces, sur la force de la femme, la puissance de la nature et l’amour, surtout.

La musicienne avait d’abord dévoilé les teintes de ce troisième disque solo avec Wolves Don’t Live by the Rules, une reprise en hommage à Willie Trasher et son excellent album Spirit Child. Né à Aklavik, ce fils d’un chasseur de baleines a connu le mode de vie ancestral inuit avant d’être déplacé dans un pensionnat autochtone. Puis, il s’est mis à la musique, en honorant bellement sa culture inuite à travers son country-folk. Pour le vidéoclip, Elisapie a réuni une panoplie d’images d’archives trouvées à l’institut culturel d’Avataq.

L’artiste avait aussi dévoilé l’extrait Don’t Make Me Blue (une des plus belles pièces, selon moi), dont elle a cette fois confié la réalisation du vidéoclip à l’artiste Adrian Villagomez. Se faisant orner de bijoux par une ronde de femmes, comme dans un rite, elle y chante le désir de garder l’amour pur, intact, malgré le risque de perdition et les paradoxes. L’instrumentation fait cet effet ensorcelant que l’on retrouve souvent chez Patrick Watson. Pas étonnant, puisque ses complices sont de la partie : Joe Grass cosigne la chanson et Robbie Kuster nous berce d’une cadence qu’on voudrait sans fin.

Darkness Bring The Light compte au nombre des chansons les plus spirituelles du disque, comme une incantation à la nature et aux grandes étendues du Nord. On y reconnaît dans les chœurs et le rythme l’affection de la musicienne pour Leonard Cohen.

En plus de l’apport précieux de Joe Grass et de Paul Evans à la réalisation, la chanteuse fait appel à deux artistes autochtones : la chanteuse inuk Beatrice Deer prête son chant de gorge sur Qanniuguma, et l'artiste innue Natasha Kanapé-Fontaine cosigne l’épilogue Ton vieux nom (qui inclut un extrait audio de CBC d’un vieil Innu racontant sa naissance).

C’est addictif, cette instrumentation filée comme de la dentelle, cette voix aérienne et séduisante, qui ne porte pas mais qui envoûte même quand les tempos tempêtent. J'y vois cette constante chez Elisapie Isaac : une cohabitation harmonieuse entre la robustesse et la grâce. Vous y trouverez force et réconfort.

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Chloé Sainte-Marie, Thomas Hellman, Sylvie Paquette, Alexandre Belliard, Juliette Gréco, Yves Montand, etc.

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