Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Benjamin Deschamps et No Codes : décoder la musique

L'écoute est terminée

Par
Frédéric Cardin

Le saxophoniste Benjamin Deschamps vient de fonder le quatuor No Codes avec ses amis Frank Lozano (saxophone ténor), Sébastien Pellerin (contrebasse) et Louis-Vincent Hamel (batterie). Un quatuor sans instrument harmonique, juste deux saxophones et deux instruments rythmiques, c’est plutôt inusité, d’où le nom. Leur premier album, homonyme, est désormais en vente.

Dans le communiqué de presse accompagnant la sortie de No Codes, on évoque des couleurs et des rythmes venus des Andes et du son Motown. Benjamin Deschamps lui-même nous dit, dans la vidéo ci-dessus, que les pièces de No Codes sont basées sur des standards bien connus.

Honnêtement, l’auditeur moyen aura du mal à percevoir les allusions évoquées. Même l’habitué que je suis (je passe mes journées avec des écouteurs sur les oreilles!) les trouve très discrètes, pour ne pas dire indétectables la plupart du temps.

On frôle bien plus le jazz libre que le celui ancré dans de quelconques traditions connexes et populaires. Les harmonies sont complexes et angulaires, gardant leurs distances avec le cliché du jazz « apéro ».

En fin de compte, brise-t-il les codes du jazz? Ce serait exagéré de le prétendre. No Codes n’offre pas une révolution sonore et harmonique, l’audace se situant plutôt dans la structure et la construction des pièces (qui fait quoi, qui improvise, à quel moment, avec qui, etc.). Ce qu’il offre assurément, cela dit, c’est un jazz intelligent et studieux, souvent inspiré, qui témoigne de la permanence du haut niveau de cette musique au Québec.

Pour qui aime une musique moderne improvisée et ancrée dans ce qui se fait de mieux ici depuis une bonne vingtaine d’années, entre autres grâce à des pionniers comme l’étiquette Effendi (qui a manifestement fait des émules au sein de Multiple Chord Music, on le constate!), l’audition de No Codes sera stimulante.

Deschamps et Lozano créent des conversations à la fois équilibrées et contrastées. Les phrases de chaque soliste se suivent et s’associent étroitement, parfois à l’unisson, parfois en contrepoint plutôt savant. Pellerin et Hamel tissent un coussin rythmique excitant et dynamique.

À noter que toutes les vidéos ci-dessus ont été captées dans notre studio 12. La prise sonore a été assurée par Guy Charbonneau.

Vous aimerez également

La webradio Audacieux et Jazz d’ici