Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Misses Satchmo : se faire les dents avec Vian

L'écoute est terminée

Par
Frédéric Cardin

Le quintette jazz-swing Misses Satchmo (nommé ainsi en l’honneur de Louis Armstrong, dit « Satchmo ») nous dévoile son amour de la chanson fringante et parfois grinçante de Boris Vian. Vian dans les dents (génial ce titre!) se veut un coup de chapeau à cet incomparable artiste des années 1940-50, à sa gouaille et à sa raillerie irrévérencieuse.

Traitons tout de suite d’un possible irritant : le style vocal de la chanteuse Lysandre Champagne. J’ai déjà entendu quelques personnes me confier leur lassitude devant les inflexions tonales parfois approximatives de l’interprète. Je peux comprendre la réaction. Il est vrai qu’on peut développer, à la longue et devant la répétition des glissements off pitch, une lassitude. Comme en politique, ce n’est souvent pas l’erreur qui fait mal, c’est l’accumulation.

Cela dit, il serait faux de déduire qu’il s’agit d’une carence technique. Il suffit d’écouter tous ces passages où Lysandre atteint des notes bien aiguës et les soutient solidement pour se rendre compte qu’elle maîtrise sa voix. Du moins, elle le peut. Peut-être s’agit-il d’une attitude, d’un style vaguement « relâché », en accord avec cette image des chanteuses populaires des années 1930 avec la dégaine suave et relaxe?

En tous les cas, on ne peut pas dire que ça fait hors propos avec Boris Vian, qui l’avait pas mal, lui, cette dégaine.

J’aime bien cette insolence bon enfant qui se dégage des interprétations de Lysandre et son quintette. Ça « fitte » bien avec Boris!

Mais ce que je remarque surtout, ce sont les arrangements assez exploratoires, voire audacieux, de l’univers de Vian transposé ici pour un quintette voix-trompette (Lysandre Champagne), clarinette (Yvan Belleau), batterie (Marton Maderspach), guitare (Jeffrey Moseley), et contrebasse (Blanche Baillargeaon). Bravo.

Une chose cependant : on est heureux d’entendre Le cinématographe, Je voudrais pas crever ou bien sûr La java des bombes atomiques, mais où sont les plus qu’incontournables Le déserteur, Arthur où t’as mis le corps?, J’suis snob, On n'est pas là pour se faire engueuler, La complainte du progrès, Fais-moi mal Johnny

On subodore des droits d’auteur encore valides et probablement coûteux. Raison de plus pour souhaiter le succès à cet album, et en espérer un deuxième plus tard?

Vous aimerez également

Les webradios Gershwin et Des poèmes en chanson