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Alexander Melnikov et Debussy : la musique qui coule de source

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Frédéric Cardin

Le pianiste Alexander Melnikov est un collectionneur. Pas de timbres ni de figurines Star Wars et encore moins de capsules de bouteilles de bière. Non, ce qu’il collectionne, lui, ce sont des pianos anciens. Logique, bien entendu. Et pratique, car c’est l’un de ces pianos, de marque Érard et datant de 1885, qu’il utilise sur l’album Debussy : Préludes du 2e livre / La mer. Un album remarquable.

Le Deuxième livre des Préludes pour piano de Debussy ne contient peut-être pas autant de titres devenus célèbres comme dans le premier (on pense à La fille aux cheveux de lin, à Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ou à La cathédrale engloutie), mais que de beautés, que de merveilles il recèle et offre aux oreilles curieuses!

Tout l’exceptionnel sens de la coloration, de la création d’atmosphères, de la caractérisation de personnalités musicales et de la construction de discours envoûtants du compositeur français s’y trouvent. Brouillards nous submerge de mystère, Les fées sont d'exquises danseuses nous fascine et nous subjugue, Ondine nous enveloppe de ses vagues ondoyantes, La terrasse des audiences du clair de lune nous transporte dans une Inde distillée aux teintes de l’impressionnisme, Feux d’artifice nous éblouit.

Alexander Melnikov parle de Debussy et de ses Préludes (en anglais) :

Melnikov joue avec les notes comme un poète joue avec les mots. Derrière la précision impeccable et la subtilité sans faille de son jeu, il y a une force d’évocation et une puissance émotive qui atteint l’auditeur de plein fouet. Une telle clarté de la diction musicale est comme s’abreuver à une source d’eau pure pour ceux et celles qui écoutent cet album. Le piano historique de l’artiste n’a aucunement le côté clinquant de certains instruments anciens qui nous font parfois apprécier leur utilisation plutôt pour des raisons d’authenticité que pour un véritable plaisir d’écoute. Ici, on aime les résonances un brin moins réverbérantes que celles d’un piano moderne, résonances qui nous transportent au moment où Debussy écoutait probablement sa propre musique, jouée par lui-même ou par d’autres.

En boni sur ce disque, une rare version pour piano à quatre mains de La mer où l’on se laisse emporter par les flots sonores tout en oubliant le grand orchestre, cette fois absent, qui nous offre habituellement ce chef-d’œuvre.

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