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L'excellent rock cosmique et extatique de Klaus

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Ariane Cipriani

Aucune date de sortie prévue, aucune contrainte de temps de production. Voilà des conditions qui laissent la place à la création libre et au plaisir. Quand trois cerveaux aussi créatifs s’additionnent et puisent dans de nombreux styles et plusieurs époques, avec la seule contrainte de ne pas en avoir, le résultat épate. Surtout que le trio, formé de François Lafontaine, Joe Grass et Samuel Joly, présente tout un travail d’exploration des textures sonores, pour bonifier un rock expérimental finalement étonnamment harmonieux. Franchement savoureux, ce disque de Klaus.

On a d’abord connu François Lafontaine comme claviériste de Karkwa. Plusieurs noms se sont greffés au sien depuis : Marie-Pierre Arthur, Galaxie, Elisapie Isaac, Fred Fortin… De son côté, le guitariste country-bluegrass Joe Grass, de nature plutôt réservé mais rayonnant dès qu’il touche une corde, et ce, depuis son adolescence, collabore notamment avec Patrick Watson, Katie Moore et Marie-Jo Thério, en plus de poursuivre une carrière solo. Quant au batteur Samuel Joly, sa polyvalence l’amène à accompagner autant les chanteuses pop Ginette Reno et France d’Amour que la crème du jazz montréalais qu’est Yannick Rieu, Oliver Jones ou Marianne Trudel. À toutes ces expériences, beaucoup plus nombreuses qu’on ne peut l’écrire ici, ajoutez une profonde affection pour le rock, dénominateur commun de ce nouveau disque homonyme.

Explorer puis fusionner

Le point de départ des chansons? « C’est né d’un besoin de créer, avec l’idée de se ramasser tous les trois dans un local ou dans un studio pour écrire des chansons qui nous font triper », résume Sam Joly. C’est aussi l’occasion de les entendre chanter, et leurs voix se mélangent si bien qu’on a parfois de la difficulté à les différencier. Le trio invite aussi Émilie Laforest, Jim Corcoran, Marie-Pierre Arthur, Mishka Stein et autres complices pour « triper » encore plus.

Cet album puise donc avant tout dans le plaisir et le désir de jouer avec les ambiances. Les trois musiciens aguerris ont concocté avec la plus grande liberté des compositions aux mélodies vigoureuses, soutenues par des tempos invitants, tellement qu’on a envie de tout de suite réécouter Fever avant de passer à la troisième pièce.

Un attrait pour les sons puissants et pesants vient ponctuer le disque, particulièrement sur Blue Telephone et Le rêve alors qu’on s’étonne de la sensualité des rythmes de Can’t Turn Back et Bad Religion.

Cosmique, psychédélique et extatique

La plus belle qualité musicale de Joe Grass et François Lafontaine, selon Sam Joly? « Ils ont 100 000 qualités exceptionnelles. Par contre, si j’en donnais une seule pour les deux, ce serait l’audace absolue. »

On pourrait presque aller jusqu’à dire que Klaus donne à voir la couleur des sons. Grass, Lafontaine et Joly aiment les bidouiller, les trafiquer, les nuancer. Le disque condense une multitude de textures en gardant un souci d’homogénéité. Enregistrées dans six studios différents, les chansons ont aussi bénéficié de l’apport de plusieurs ingénieurs de sons.

À écouter et réécouter à profusion, pour saisir toute l’étendue de la palette sonore. Et pour le plaisir.


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