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François-Xavier Roth et Les Siècles : l’orchestre féérique de Ravel 

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Frédéric Cardin

Le chef d’orchestre François-Xavier Roth et son ensemble, Les Siècles, nous font traverser le miroir afin de nous emmener dans le monde évocateur et féérique de la musique que Maurice Ravel a écrite pour illustrer aussi bien les contes des 1001 nuits que ceux de Charles Perreault ou encore le siècle baroque français.

Si Ravel savait manier l’écriture pour orchestre comme pas un, François-Xavier Roth, lui, sait diriger les ensembles avec une aisance et une intuition remarquable. Sur l’album Maurice Ravel : Ma mère l’Oye, Le Tombeau de Couperin, Shéhérazade, ouverture de féerie, qui vient de paraître, il propose d’ouvrir un livre foisonnant d’images sur le monde du rêve, de la féerie et des contes pour enfants, que Ravel appréciait. On a aussi droit à une incursion dans ce qui, du vivant du compositeur, constituait un univers musical encore un brin mystérieux en France : l’époque historique et bien réelle de la période baroque, soit le 17e siècle et le début du 18e.

Maurice Ravel était un magicien de l’orchestration. Rares sont les compositeurs qui arrivaient à sentir aussi parfaitement et intimement que lui la nature de tous les instruments d’un orchestre et, surtout, leurs possibilités expressives. Chaque émotion et chaque personnage d’une histoire étaient liés à une mélodie, à une couleur sonore, à une texture, à un accord, à un registre, à un timbre, voire à une seule note bien précise et tellement bien choisie qu’aucun autre moyen n’aurait pu faire l’affaire aussi idéalement.

Shéhérazade est une œuvre de jeunesse déjà remplie d’un grand sens du merveilleux, alors que son Ma mère l’Oye, écrite à l’origine pour les enfants d’un couple d’amis à lui, est un chef-d’œuvre exceptionnel en matière d’évocations suggestives, comme s’il s’agissait d’histoires à lire avec les oreilles.

Le tombeau de Couperin est un hommage aux danses de la période baroque française, une ère musicale que les Français commençaient à peine à redécouvrir au début du 20e siècle, et ce, après des siècles d’oubli, voire de mépris.

Les musiciens de Roth sont parfaitement sensibles non seulement à la musique de Ravel, mais aussi aux instruments qu’ils jouent, qui sont de facture ancienne, tel que le compositeur les connaissait au moment d’écrire ses partitions. La musique révèle alors une personnalité différente de celle qu’on lui connaît avec d’autres ensembles.

Nous rejouons toutes ces œuvres sur les instruments qu’a connus Ravel; ces instruments de facture française, de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle, sont ici souvent mis à rude épreuve, poussés dans les limites de leur virtuosité et de leurs dynamiques, par exemple le hautbois du Tombeau de Couperin. On retrouve dans la musique cette fragilité et cette urgence que Ravel voulait atteindre à dessein, en très fin connaisseur de la facture française des instruments à vent. Les cordes en boyaux utilisées encore à l’époque apportent quant à elles le soyeux de l’enveloppe sonore et cette incise dans l’attaque et l’articulation.

François-Xavier Roth

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