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Jean-Michel Dubé : un autre champion pour André Mathieu!

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Par
Frédéric Cardin

Le pianiste Jean-Michel Dubé suit les traces d’Alain Lefèvre en reprenant à son compte le flambeau de la défense de la musique d’André Mathieu. Sur André Mathieu : œuvres pour piano solo et deux pianos, mélodies, œuvres inédites, Dubé construit un programme fait de courtes pièces, dont certaines encore méconnues.

Jean-Michel Dubé joue la Fantaisie romantique d'André Mathieu

On le savait déjà : l’esprit de Chopin et de Liszt imprègne toute la musique de Mathieu. On l’entend abondamment dans les 18 plages de cet album. Mais on découvre également quelques pièces teintées de gershwinismes jazzy, d’autres où Chostakovitch, ou encore Stravinsky, viennent pointer leur nez.

À travers tout cela, un jeune prodige québécois y laisse quand même son empreinte. En fait-on trop pour André Mathieu, sachant qu’il y a des dizaines de compositeurs d’ici dont on n’entend jamais parler? C’est un faux débat. Normalement, le Québec devrait avoir assez d’oreilles et d’attention pour les jouer et les écouter tous à leur juste valeur.

Si de jeunes musiciens talentueux souhaitent continuer à souligner l’apport d’André Mathieu à notre riche bagage culturel, ce ne peut être qu’une bonne nouvelle, surtout en ce cinquantième anniversaire du décès du compositeur. Jean-Michel Dubé est l’un de ces musiciens : avec ce deuxième album, et un troisième en préparation nous dit-on, l’avenir de la musique d’André Mathieu est assuré pour au moins une nouvelle génération.

À noter que Jean-Michel est accompagné par Rosemarie Duval-Laplante dans les pièces pour deux pianos.

Jean-Michel Dubé a été le gagnant du Tremplin 2017 du Concours de musique du Canada. Nous vous offrirons bientôt, sur notre site, du contenu exclusif pour souligner le 60e anniversaire de cette compétition très importante. Restez connectés!

Sur le plan pianistique, rien à dire. Jean-Michel (et Rosemarie lorsqu’elle est présente) est un musicien expressif, puissant et très bien articulé. Le programme est lui aussi source de plaisir : quelques valeurs sûres comme la Fantaisie romantique côtoient plusieurs découvertes très intéressantes tels le Concertino no 2, Les vagues (impressionnant exercice de suggestion extramusicale par un enfant-compositeur de 10 ans!) ou encore les Bagatelles (dont certaines nous transportent dans un New York à la Gershwin).

Et le livret (sujet rarement abordé dans une critique) rédigé par Georges Nicholson est informatif à souhait et vient ajouter pas mal de viande autour de l’os que constitue notre connaissance générale de la vie d’André Mathieu.

À voir également :

Jean-Michel Dubé et Rosemarie Duval-Laplante présentent le concert Le piano des Mathieu (André et son père Rodolphe), offert en tournée par les Jeunesses musicales du Canada en octobre et novembre 2018

Tout cela est bel et bien bon. Mais il y a un hic, et il est de taille. La piètre qualité de la prise de son est incompréhensible, et surtout impardonnable. Enregistré à la salle de concert du Domaine Forget (qui possède pourtant une excellente acoustique) et sur des pianos Steinway de grande qualité, l’album aurait dû être au niveau des meilleurs standards de l’industrie. Mais ce n’est pas le cas. Le piano n’a pratiquement pas de rondeurs, les aigus grincent ici et là. Que s’est-il passé? Mystère, et tristesse.

Et puis, il y a quelques mélodies pour voix et piano de Mathieu, chantées par France Duval (accompagnée de Jean-Michel). Comment dire… Ça ne va pas.

La voix de la soprano a déjà été très belle. Je l’écoutais récemment sur l’un des nombreux albums qu’elle a enregistrés, entre autres chez Analekta dans les années 1990, et c’était très beau.

Malheureusement, la plasticité et l’aisance ne sont plus les mêmes qu’il y a 20 ans. Le vibrato, très large quant à lui, alourdit énormément les phrasés. Ce sont de jolies mélodies, certes (c’est comme ça qu’on nomme les chansons lyriques écrites en français, sans égard au fait qu’elles soient « mélodiques » ou non), mais elles ne bénéficient pas d’une exécution optimale, de toute évidence.

C’est d’autant plus dommage pour moi d’avoir à dire cela, car j’ai le plus profond respect pour le travail d’édition que font France Duval et son conjoint, le baryton Bruno Laplante. Depuis plusieurs années, ils s’évertuent à éditer et à publier le répertoire lyrique québécois, méconnu dans son ensemble, voire même dans sa totalité.

Allez faire un tour sur le site des Éditions du Nouveau Théâtre Musical, c’est un véritable coffre aux trésors bien caché. Avis aux chanteurs curieux et audacieux : il y a de quoi faire et bâtir des programmes de belles chansons lyriques entièrement québécoises dont certaines remontent facilement jusqu’au 19e siècle.

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