Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Xavier de Maistre et la harpe de Marie-Antoinette

L'écoute est terminée

Par
Frédéric Cardin

Marie-Antoinette, femme de Louis XVI et reine de France (du moins jusqu’à la Révolution), était, dit-on, une excellente harpiste. C’est en son hommage que Xavier de Maistre vient d’enregistrer l’album La harpe reine, sur lequel il nous fait écouter la musique que l’on pouvait entendre à Versailles du vivant de la souveraine bien connue.

On trouve deux concertos pour harpe de compositeurs méconnus sur l’album, soit Krumpholtz (un harpiste virtuose admiré à l’époque et qui s’est jeté dans la Seine par dépit amoureux) et Johann David Hermann (un pianiste qui a écrit un concerto pour harpe, celui présent ici, pour la sœur cadette de Louis XVI, elle aussi passionnée de cet instrument).

Sans rien inventer, ces deux concertos sont d’agréable compagnie et plairont sans doute à tous ceux qui aiment déjà leur Mozart et Haydn bien élégants et souriants.

Xavier de Maistre, sans vouloir faire un pitoyable jeu de mots, est un maître de son instrument. Il offre une version solo de la fameuse Danse des ombres heureuses de Gluck, et laisse le champ libre à l’ensemble Les arts florissants, sous la direction de William Christie, dans une très appropriée Symphonie no 85 de Haydn, dite… La reine!

Le saviez-vous?

Lorsque la jeune archiduchesse est arrivée de Vienne avec une harpe dans ses bagages, cet instrument était déjà présent à Versailles, puisque les filles de Louis XV en jouaient. Toutefois, c’est Marie-Antoinette qui a suscité une mode sans précédent. Elle prenait une leçon tous les matins pendant une heure et demie et aimait s’accompagner en chantant lors de petits concerts de musique de chambre dans ses salons particuliers. On peut parler à partir de

1760 d’un véritable âge d’or pour l’instrument. Plus de 200 magasins de harpes ont coexisté à Paris alors qu’il n’en existe que 2 aujourd’hui. Les luthiers ont rivalisé d’imagination pour décorer, sculpter, dorer à la feuille et orner de nacre ou d’ivoire des instruments qui sont devenus de véritables œuvres d’art agrémentant tout salon qui se respecte.