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Vu d’ici : Petula Clark chante son présent et sa nostalgie heureuse

L'écoute se termine aujourd'hui

Par
Ariane Cipriani

À 85 ans, l’interprète de Downtown dévoile un disque entièrement en français, coréalisé par Louis-Jean Cormier et Antoine Gratton.

Ouvrez le livret pour voir l’éclat de ses yeux. Et surtout, écoutez attentivement ce Vu d’ici, car la chanteuse ne s’est en rien figée dans le temps et elle le prouve encore une fois. On retrouve son rapport de pur plaisir avec la musique, et l’on renoue avec son phrasé, son sens du rythme et ce joli petit accent qui nous charme depuis près de sept décennies.

Ajoutez aussi sur ce disque beaucoup de partage : les nombreux auteurs et compositeurs sont majoritairement québécois. Après avoir interprété Gainsbourg et Vian, Petula Clark chante maintenent Nelson Minville, France d’Amour, Luc De Larochellière, Steve Marin, Mélanie Guay, Didier Golemanas… Des chansons légères et actuelles, avec une évidente touche rétro et de variétés dans les riches orchestrations de claviers, de cuivres et de violons fluides.

Encore dans le vent, à 85 ans

Comme il est bon de laisser la maturité chanter. Forcément, le temps et les bilans inspirent les compositions, qui font référence à son parcours et à Londres à plusieurs reprises. Elle est loin, l’époque de Downtown, d’Ô ô Sheriff ou de La gadoue (qu’elle se plaît encore à chanter en spectacle), mais la joie est restée intacte.

Remarquable, la balance est parfaite entre le dynamisme des musiques et les mots de la mémoire. La nostalgie heureuse, on la célèbre ici avec des textes de qualité. Petula Clark inspire encore des « vers d’oreille ».

Dans Le chemin de la gare, jolie chanson du souvenir, elle dit d’ailleurs « je reviendrai comme un refrain ». C’est beaucoup ça, Petula Clark : un refrain entraînant, une simplicité, un lieu à explorer. Cette fois, c’était Montréal, plus précisément, le Plateau-Mont-Royal, où se trouve le studio de Louis-Jean Cormier. Lui et Antoine Gratton ont mené avec beaucoup de respect la réalisation de ce disque lumineux.

Didier Golemanas signe le très beau texte de L’âge que j’ai. Antoine Gratton ajoute sa touche, reconnaissable entre toutes, et la dame chante sans gêne que, chaque fois, face au malheur, elle a l’âge qui pleure. Mais Petula Clark n’a jamais pataugé dans le noir. Au contraire. Elle symbolise l’enthousiasme des années 60, qui s’exclame à nouveau dans Sourire et son rythme appuyé.

Partout sur la terre a le secret de ces mélodies mélancoliques et familières. Il est plutôt rare d’entendre une grand-mère chanter l’espoir pour ses petits-enfants. Ça fait changement, ça fait du bien. Quel bonheur, cette célébration de sa vie, concoctée avec une équipe d’ici!