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Sainte Victoire de Clara Luciani : gravité et féminisme assumés

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Ariane Cipriani

L’ancienne chanteuse du groupe rock français La Femme avait récemment entamé son parcours solo avec un EP applaudi par la critique. La fière féministe sort maintenant un premier disque officiel, Sainte Victoire, qui puise sa lumière dans les zones d’ombres.

Le titre réfère à une montagne située en Provence, d’où vient la chanteuse de 25 ans. Sainte-Victoire prend sa source dans une rupture amoureuse, la blessure et la cicatrisation qui a suivi. Mais comme elle le chante, « on ne meurt pas d’amour ». Son album pop fait joyeusement taper du pied. C’est qu’elle a le sens de la formule accrocheuse, Clara Luciani, et un attrait assumé pour la noirceur. L’extrait La grenade en témoigne habilement. Ce tube, sorte de détonateur de l’album, est en fait une version remaniée d’une composition guitare-voix. Pour le clip, Clara Luciani a essayé plusieurs versions avant de s’arrêter à ce rock-disco aux basses dodues et aux synthés groovy. Certains ont même fait un parallèle avec Dalida.

Vrai qu’il y a une touche de variété française qui revient sur le disque. Une tendance qu’on voit poindre chez plusieurs artistes de la nouvelle génération. Le disco, on le retrouve aussi dans La baie, son adaptation de The Bay, du groupe anglais Metronomy, sensuelle, dans une facture pop plus colorée avec des tempos plus appuyés.

Des chansons impudiques et belles

Clara Luciani a un regard félin dénué de minauderie, et la voix grave, loin des timbres juvéniles d’usage de la pop. Ce grain de voix et le velours de quelques cuivres (particulièrement dans la savoureuse et funky Eddy) ajoutent beaucoup de la sensualité à ses enivrantes ritournelles.

Sainte-Victoire compte aussi un bon lot de ballades introspectives, surtout dans sa deuxième moitié. Sur des guitares larmoyantes, Drôle d’époque aborde l’identité des genres, les attentes envers les femmes et les insultes. Puis, les six cordes se font âpres pour assumer la rupture amoureuse à travers Dernière fois. Dans Les fleurs, Clara se fait vulnérable pour chanter sa quête de beauté et de sens.

Clara Luciani clôt son disque avec la chanson-titre, une création parlée sur le corps de la femme, métaphore de la vie et ses épreuves. On sent qu’il fallait qu’elle les sorte urgemment, ses mots émotifs, ses affirmations de femme.

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