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Crow, McNabney, Haimovitz et le Divertimento K 563 de Mozart : la symbolique du trio

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Frédéric Cardin

Trois excellents musiciens canadiens pour un chef-d’œuvre en forme de trio et quelques arrangements de Bach signés Mozart : c’est l’album Mozart Divertimento and Preludes to Bach de Jonathan Crow (violon), Douglas McNabney (alto) et Matt Haimovitz (violoncelle).

Un grand millésime

C’est en 1788 que Mozart compléta son Divertimento K 563 (conçu pour un trio à cordes violon-alto-violoncelle). Cette année est aussi celle où il mit la touche finale à son cycle de symphonies en écrivant les trois dernières, des monuments musicaux. Un millésime grandiose donc.

Et pourtant, ce Divertimento ne partage pas le souffle ample, l’impression de vastitude et l’étoffe héroïque des trois dernières symphonies issues de la même plume et de la même période créative. Pas du tout! Il est, au contraire, empreint d’une élégance contrôlée et d’un raffinement sensible et gracieux qui ramènent aux soirées mondaines sophistiquées de l’aristocratie de l’époque.

Symbolisme franc-maçon

Ce n’est pourtant pas pour la noblesse que Mozart écrivit son K 563. C’est plutôt pour un confrère franc-maçon, Michael Puchberg, également un généreux bienfaiteur du couple Wolfgang-Constanze, continuellement à court d’argent (Mozart savait bien entretenir ses amitiés financières!).

Et voilà que la franc-maçonnerie et ses appétences symbolistes arrivent dans le décor! En effet, le Divertimento multiplie les références au nombre trois : il y a trois instruments, bien entendu (puisque c’est un trio), qui cohabitent en toute égalité, chacun d’eux se retrouvant tour à tour dans le rôle de porteur du thème central ou d’accompagnateur. Et quand on sait que, chez Mozart, l’accompagnement n’avait généralement rien de secondaire, le titre n’a résolument rien de péjoratif.

Qui plus est, l’ensemble de l’œuvre est traversé par des séries de triades (des groupes de trois notes) agencées plus intelligemment et subtilement les unes que les autres.

C’est peut-être loin du foisonnement symboliste franc-maçon de La flûte enchantée (mur-à-mur dans ce cas!), mais il n’en reste pas moins qu’il y a lieu de s’amuser doublement en ajoutant à l’écoute purement musicale cette dimension numérologique discrètement insérée par Amadeus.

Le programme est complété par la seule autre œuvre complète écrite par Mozart pour trio à cordes : les arrangements de Préludes et fugues de Bach. Les univers stylistiques de ces deux géants sont passablement éloignés l’un de l’autre, mais l’on sent tout de même chez Mozart l’amour et le respect profond pour son illustre prédécesseur.

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