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Le sacre du printemps par deux grands prêtres du piano mondial : Marc-André Hamelin et Leif Ove Andsnes

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Par
Frédéric Cardin

Deux géants du piano classique actuel, le Québécois Marc-André Hamelin et le Norvégien Leif Ove Andsnes, s’allient pour interpréter une version pour 2 pianos du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky. Cette musique est déjà un tour de force par elle-même, mais elle prend encore plus d’ampleur ici sous les doigts de ces deux artistes hors du commun.

La puissance sonore qui frappe de plein fouet, c’est l’une des impressions les plus marquantes de l’écoute de cet album destiné à faire la liste des meilleurs de 2018. Mais on retient aussi le reste de cet enregistrement magnifique : une articulation exemplaire et un sens du rythme intuitif, extraordinairement fluide.

Ce qui est justement essentiel pour jouer cette musique. Essentiel, oui, car Le sacre EST le rythme. Le rythme mouvant, le rythme profondément humain, fait de micro décalages, de changements brusques et soudains, jamais hachurés ou mécaniques, toujours organiques malgré leurs (parfois) importants contrastes.

Le sacre est une leçon de rythmes, au pluriel, parce qu’on y trouve un foisonnement de pulsations diverses, aussi variées que les émotions humaines représentées.

Mais plus encore, Le sacre est respiration, déplacement, mouvance, pulsation, vibration. Le sacre est vivant, et il faut être imprégné de son esprit, jusque dans ses tripes, pour lui permettre de s’épanouir en tous ceux qui le reçoivent.

Voilà qui finira par clouer le bec à tous les médisants qui répètent ad nauseam que les gens du classique « n’ont pas de rythme ». Foutaise!

Hamelin et Andsnes sont en symbiose et se comprennent parfaitement. Ils respirent les mêmes effluves agrestes et païens de ce printemps à la fois terreux et exubérant.

Il n’y a pas que Le sacre sur l’album. Le deuxième morceau de choix est le relativement peu connu Concerto pour 2 pianos solos, inspiré de Beethoven. Le programme se termine avec trois miniatures : Madrid, Tango et Circus Polka. Le plaisir demeure, mais avouons qu’après un Sacre comme celui entendu ici, on peut fermer les haut-parleurs et aller prendre l’air pour laisser décanter un tel tsunami de sonorités flamboyantes. De toute façon, impossible d’écouter quelque chose d’autre après ça.

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