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L’oiseleur de Feu! Chatterton : l'héritage de Bashung

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François Marchesseault

Nous nous souvenons, semble-t-il, toujours de nos premières fois. Mon premier contact avec la formation française Feu! Chatterton s’est fait aux FrancoFolies de Montréal à l’été 2015, en première partie de Fauve. Nous étions en début de nuit, il faisait chaud, c’était l’époque d’Ici le jour (a tout enseveli), le premier album du groupe, et je m’en souviens comme si c’était hier.

L’aspect enivrant des musiques d’Arthur Teboul (chanteur) et sa bande a le don de s’imprégner en nous. Les pièces de L’oiseleur, ce tout nouveau disque, y parviennent aussi. On retrouve dans cette nouvelle œuvre le rock poétique du groupe, cette manière très Bashung d’aborder la musique et qui a permis à Feu! Chatterton de remporter le prix Félix-Leclerc en 2014 ainsi que de donner 200 concerts à travers la France.

Il faut se laisser séduire, tout doucement, par les musiques nocturnes de L’oiseleur. Le groupe installe l’ambiance en découpant Je ne te vois plus, la première pièce, en deux parties. Au début, sur la mélodie toute simple d’un piano, Arthur récite, seul, ses mots : « Nous attendions là / Que soleil descende / Petite magie / C’est étrange / La nuit tombe comme la pluie / Sur nos têtes nues / Je ne te vois plus ». Puis, à la deuxième minute, il se tait. Les musiciens arrivent et, dans une rythmique dansante en crescendo, ils laissent place à la nuit.

Feu! Chatterton, c’est le mariage entre la littérature et la musique. C’était réussi sur Ici le jour (a tout enseveli), c’est magistral sur L’oiseleur. Du rock hallucinogène aux structures mélodiques réfléchies et brillantes où le français est célébré à chaque couplet, dans chaque refrain.

« J’ai perdu je ne sais comment / Le noir secret de mon tourment / À son tour l’ombre se démembre / Je cherchais à n’en plus finir / Cette douleur sans souvenir / Quand parut l’aube de septembre » - Zone libre, poème de Louis Aragon

Écoutez l'entrevue de Feu! Chatterton à l'émission Chants libres à Monique

Monique Giroux reçoit Feu! Chatterton

Chants libres à Monique du 18 mars 2018.

Audio

À la deuxième écoute de ce nouveau disque du quintette m’est revenu un autre souvenir, celui du bonheur que m’avait procuré d’entendre pour la première fois Paradis païen (1998), du grand Jacques Higelin. Non pas qu’il y ait un grand parallèle musical à faire entre les deux, mais plutôt dans cet amour de notre langue et le talent formidable de relier ensemble une dizaine de morceaux pour créer une œuvre complète, à la fois nocturne et éblouissante.

L’oiseleur mérite une attention particulière. Une écoute de jour, puis au moins une autre de nuit pour en comprendre et en extraire toute la substantifique moelle.

L’oiseleur : mes trois pièces favorites

  • Ginger
  • Tes yeux verts
  • Anna

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