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Yannick Nézet-Séguin et les 9 symphonies de Bruckner : la force du destin

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Frédéric Cardin

Une décennie avec Bruckner. C’est un peu le témoignage de ce compagnonnage entre le compositeur allemand du 19e siècle (Anton de son prénom) et la merveille québécoise de la direction, Yannick Nézet-Séguin (vous l’aviez deviné), que représente le coffret Bruckner : les 9 symphonies, qui vient de paraître sous ATMA Classique.

Deux symphonies exclusives

Dix années, oui, au cours desquelles Yannick Nézet-Séguin est passé de jeune chef au potentiel immense à grande vedette internationale. Dix années passées à explorer le corpus symphonique d’Anton Bruckner, l’un des plus monumentaux de tout le répertoire. Il ne restait que les symphonies nos 1 et 5 à graver, ce qui est maintenant chose faite (elles se retrouvent sur ce coffret à titre exclusif, contrairement à toutes les autres, déjà parues sur des albums individuels dans le passé, et rapatriées ensemble ici).

Une décennie qui témoigne aussi de l’évolution du chef, de son Orchestre métropolitain (OM) et de la vie culturelle montréalaise. Dans le premier cas, on se dit (et Yannick le confirmait récemment dans une entrevue) qu’il n’aborderait peut-être plus aujourd’hui les symphonies jouées à l’époque de la même manière, et c’est normal. Elles seraient probablement encore meilleures.

Dans le deuxième cas, on constate avec plaisir le degré de maturité et de coffre sonore gagné par l’OM au cours des 10 dernières années. Une amplitude et une assurance qui doivent désormais nous faire oublier une fois pour toutes le titre de « deuxième orchestre » de la métropole, qui l’a souvent affligé. Nous ne sommes plus là, c’est clair.

Et dans le troisième cas, nous sommes passés d’enregistrements réalisés dans des églises (les symphonies 4, 7, 8 et 9 – la meilleure option acoustique à l’époque) à ceux, plus récents, faits à la Maison symphonique (nettement supérieure). Qui oserait encore dire aujourd’hui qu’elle n’était pas nécessaire, musicalement et culturellement parlant?

Individuellement, chaque symphonie doit mener un rude combat et se mesurer à des versions historiques et légendaires, mais sans avoir à rougir, cela dit.

Même collectivement, ces symphonies font face à une compétition féroce. Mais que cette intégrale entièrement québécoise, la première d’ailleurs, réussisse à donner autant de plaisirs et même à impressionner, c’est l’aboutissement d’un cheminement exemplaire et la réalisation d’un potentiel senti dès le départ comme grandiose. Comme une destinée qui s’éveille à la réalité, et qui ouvre les portes d’un avenir encore plus excitant.

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