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Bô, le voyage musical : une bande originale de Catherine Lara, qui donne envie de prendre le large

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Sébastien Tétrault

est un spectacle qui se décrit comme un voyage musical, l’incarnation d’une quête de beauté. Écrit et mis en scène par Giuliano Paparini, il bénéficie d’une trame signée Catherine Lara. À défaut d’assister au cours des prochaines semaines aux premières représentations de ce spectacle à Paris, on peut déjà en apprécier la bande originale aux airs aériens et envoûtants.

Pour beaucoup d’entre nous, le nom de Catherine Lara reste associé au tube Nuit magique, un morceau emblématique des années 80 signé Luc Plamondon. Toutefois, pour cette violoniste accomplie, formée au Conservatoire de Paris, la carrière de rockeuse n’était qu’une parenthèse. Si elle continue à faire paraître des albums en solo, elle s’est lancée depuis les années 90 dans l’écriture d’opéras rock et de spectacles musicaux à grand déploiement.

Sa dernière création est une œuvre ambitieuse, un véritable hommage à la beauté sous toutes ses facettes, qui pose des questions intemporelles et évoque des sujets brûlants d’actualité. On y suit sept personnages, qui se retrouvent près d’une rivière et qui, sans se connaître, entreprennent ensemble un voyage en mer à la recherche de la beauté du monde. Au cours de cette mission fantastique qu’ils acceptent sans hésiter, ils renouent peu à peu avec les enfants qu’ils sont restés. Malgré le passage du temps, ils sont encore capables d’apprécier la beauté pure des sentiments, des gestes et des lieux qu’ils traversent. Sur scène avec les interprètes, Catherine Lara incarne le passeur d’âme, une sorte de nocher muni d’un violon, qui joue ses compositions originales, tantôt dramatiques, tantôt enlevantes, liant les différents tableaux de cette grande épopée.

À chaque étape du périple, un personnage dévoile ses aspirations et raconte son histoire, tandis que ses compagnons en incarnent les protagonistes. La narration emprunte les formes les plus diverses, du théâtre à la danse, en passant par l’acrobatie et les projections. C’est l’occasion d’aborder des thèmes universels, comme la tolérance, l’exclusion, la sexualité, le handicap et l’amour. Ces thèmes sont chers à Catherine Lara, dont la conscience sociale et l’engagement, par son soutien aux Restos du cœur ou à Sidaction, ont toujours été reconnus.

Et la musique dans tout ça?

Les compositions de Catherine Lara s’écoutent avec plaisir, indépendamment du spectacle. Naturellement, le violon est au premier plan, mais le piano, les claviers, la clarinette et le duduk, cet instrument à vent arménien, sont également présents. Telle une trame cinématographique, cette bande sonore presque exclusivement instrumentale (on entend les chants corses de l’ensemble traditionnel I Muvrini sur Sélène) se veut enveloppante et lancinante. Cependant, les pièces atmosphériques alternent avec des morceaux plus dynamiques, parfois même enlevants. Il arrive que ces variations de rythmes et d’intensité se produisent au cœur d’un même morceau, traduisant ainsi les revirements de situation du récit. Des influences orientales ajoutent couleur et chaleur à certaines pièces, comme Naos et Stagioni, reflétant ainsi le caractère international de l’odyssée. Le tout s’écoute comme un film muet. En fermant les yeux, on a l’impression d’y figurer.