Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Un retour réussi à l’électro pour Moby, avec Everything Was Beautiful and Nothing Hurt

L'écoute est terminée

Par
François Lemay

Après une courte période plus punk, qui aura duré le temps de deux albums, Moby revient à l’électro et au trip-hop, ses anciennes amours. Un retour qui, à défaut de pécher par excès d’originalité, est somme toute assez bien réussi.

Profondément marqué par l’élection de Donald Trump, Everything Was Beautiful and Nothing Hurt, le quinzième album du musicien américain, est empreint d’une lucidité sombre et froide dont le constat fait peur : il n’y a pas de forces occultes qui contrôlent l’humanité et nous sommes, les humains, artisans de notre propre malheur. Moby remet aussi en question, sur cet album, les choix politiques, écologiques et sociologiques qui ont été faits depuis une centaine années et leurs effets sur notre bonheur collectif. À quoi cela sert-il de brûler toute l’énergie du monde si, au final, nous ne sommes pas plus heureux?

Cela étant dit, Moby évite heureusement le piège de l’album concept moralisateur – la prémisse de départ sert plutôt de fil conducteur à l’ensemble des pièces. Ce n’est pas jojo pour autant, mais cela évite une lourdeur qui aurait rendu l’ensemble un peu indigeste. Alors que là, il reste une belle densité couplée à une intelligence sensible propice à la réflexion et au ressenti, chez l’auditeur.

Le créateur conserve toutefois quelques éléments de son incartade dans l’esthétique punk, à savoir une forme d’imperfection contrôlée qui donne du corps aux chansons. On s’est aussi éloigné un peu de la froideur de ses premiers essais (on leur reprochait parfois un certain manque de chaleur). Évidemment, on n’a pas affaire ici à un croisement entre les Dead Kennedys et Portishead, mais, quand même, il s’agit d’une musique électro un peu plus organique que ce à quoi Moby nous avait habitués.

Intelligent, sensible et agréable à écouter. Que demander de plus?