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Avec Chansons, L retourne à sa matière brute : les mots

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Ariane Cipriani

La chanteuse française délaisse quelque peu la pop et revient une chanson plus traditionnelle, troquant les sonorités électroniques pour l’élégance des violons.

De notre côté de l’Atlantique, nous connaissons moins cette chanteuse pour qui la critique française s’est emballée dès son premier disque complet, Initiale. Raphaële Lannadère, alias L, avait sollicité la collaboration du réalisateur Babx et proposait des musiques sobres, qui convergent vers son point central : les mots. Cette nostalgie berçante habillée de claviers lui avait valu des éloges : symbole de la nouvelle chanson française, héritière de Barbara. Rien de moins! Ici, les FrancoFolies lui avaient remis le prix Félix-Leclerc.

Dans le disque suivant, les musiques occupaient davantage l’espace. L’auteure-compositrice avait alors délaissé la singulière lettre L, optant pour son nom complet, et avait confié la coréalisation à son bassiste Julien Perraudeau, s’impliquant davantage dans la direction artistique et osant des instrumentations plus texturées et des rythmes plus imposants. La constante demeure : cette voix d’enfant de chœur à la diction parfaite, dont la légèreté contraste avec la mélancolie des mots.

Raphaële Lannadère revient cette fois à de la chanson et à l’initiale de son patronyme, droite et féminine. Elle pousse l’épuration jusqu’à intituler son nouveau disque Chansons, tout simplement. Un album qui rappelle parfois son premier, à la différence qu’elle a trouvé l’équilibre parfait entre la musique et les mots. Elle pare ses compositions d’un quatuor à cordes, de quelques soupçons de harpe et de ponctuations électroniques modérées, sous la bienveillance et la finesse de l’arrangeur Clément Ducol (CamilleVincent Delerm) et du réalisateur Maxime Le Guil.

En ouverture, La Meuse, en référence au fleuve qui se jette dans la mer du Nord, est comme une métaphore de cette chanteuse qui s’abreuve d’abord aux mots. Suivent 10 autres plages toutes délicates. Avec Gael Fauré, elle signe Ta ville est belle, une lettre d’amour au Paris post-attentats. Dans Ne me libérez pas, elle se met dans les souliers du criminel Michel Vaujour, bien connu en France pour avoir réussi à s’évader cinq fois de prison. Autant dans les rêves de Tant pis et Tempête que dans la nostalgie de Vertige, la chanteuse nous berce de romantisme. Qui n’a pas besoin de se faire un peu bercer?