Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Plan B, de Grand Corps Malade : parce qu’il faut de l’espoir

L'écoute est terminée

Par
Ariane Cipriani

Après nous avoir bouleversés avec son film Patients, Grand Corps Malade revient à la rime et détaille l’époque actuelle en plus de raconter des récits plus intimes et d’avoir recours à des rythmes sud-américains.

« Tout seul je vais vite
Ensemble on va loin »

Pour ce vif et dense sixième album, Grand Corps Malade porte son regard encore plus loin. Il ne prend pas le temps d’étirer les syllabes; l’appétit du mot l’amène vite au prochain, et vers son prochain; Avec son attitude éternellement empathique, le slameur se met dans les souliers des autres, le dominé comme le dominant, et confronte les points de vue.

Sans jamais hausser sa voix grave, Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, dirige encore l’attention vers les laissés pour compte, les gens vulnérables, plus précisément les réfugiés et les migrants, vers leurs conditions de vie et leurs avenirs au conditionnel, tels que racontés dans Feu rouge. Par le fait même, il raconte une France transformée, dont les socles sont ébranlés par une identité nouvelle et métissée.

Artiste doué, humain digne
L’album s’ouvre avec la chanson-titre et sa sirène montante. L’atmosphère est mystérieuse et cinématographique : les temps inquiètent. Pourquoi Plan B? Parce qu’il y a toujours une autre option. Grand Corps Malade en a eu besoin, lui qui se destinait à une carrière de basketteur avant de se casser le dos dans l’eau, il y a 20 ans. Il sait les efforts que ça prend pour remonter à la surface. Dribbler le verbe s’est imposé comme nouvelle avenue, et le slam a rayonné en France comme jamais auparavant.

Lui aussi rayonne sur ce disque, où il se permet des récits plus intimes sur sa vie de famille, ses souvenirs et sa propre résilience. La syllabe au rebond s’ouvre avec le son d’un match de basket : le bruit de la foule, le sifflet, le ballon et les espadrilles qui crissent. Ces sons emplissaient les oreilles de Grand Corps Malade avant qu’il mette plutôt des chansons dans son panier.

Vous aimerez aussi :
- La webradio Rap de France
- La webradio Nouvelle chanson française

Amour et humanisme sur rythmes sud-américains

Ces 15 nouveaux slams s’appuient sur des musiques plus colorées et plus lumineuses qu’avant, grâce à la collaboration renouvelée du multitalentueux Angelo Foley, complice essentiel de l’artiste pour le disque concept Il nous restera ça, sorti en 2015. À cette chaleureuse combinaison de sonorités électroniques et acoustiques s’ajoutent aussi la voix d’Anna Kova et la participation de Ben Mazué.

Les rythmes chaloupés de 1000 vies puisent dans la samba. Les accents sud-américains se poursuivent dans Le langage du corps et Ensemble. Certaines compositions sont chargées d’une émotion vive et visent directement le milieu du cœur. C’est le cas de Dimanche soir, par exemple, avec sa guitare en deux teintes : acoustique pour soutenir l’évidence de l’amour raconté, et électrique pour l’impératif de le déclarer.

Vous aimerez aussi :
- La webradio Rap de France
- La webradio Nouvelle chanson française

Dans Acouphènes, Grand Corps Malade revisite ce qui l’a construit, enfant, de Barbara à The Cure. Comme ils sont jolis, ces « acouphènes de nostalgie ». Sur Tu peux déjà, une pop-folk guillerette pour son deuxième enfant, le slameur ose même chanter. Puis, Patrick fait un clin d’œil au style de Brassens et de Renaud, et se moque allègrement du politicien Patrick Balkany, fondateur du Rassemblement pour la République (RPR), qui est pris depuis quelques années dans plusieurs poursuites judiciaires pour fraude, corruption et blanchiment.

Grand Corps Malade, pour qui les albums sont un prétexte à monter sur scène, parcourt déjà la France avec son Plan B et prévoit un détour à Montréal, le 30 juin prochain, lors des 30e FrancoFolies. Il entamera aussi le tournage de son deuxième film, un documentaire sur les centres de la petite enfance (CPE) des banlieues parisiennes. D’ici là, peut-être que des Césars s’additionneront aux Victoires, car Patients, film autobiographique à petit budget coréalisé par son complice Mehdi Idir, est nommé dans quatre catégories aux Césars. Plan B se termine d’ailleurs avec Espoir adapté, chanson tirée du film. Le plan B, au fond, c’est l’espoir.

Vous aimerez aussi :

- La webradio Rap de France
- La webradio Nouvelle chanson française