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Deception Bay de Milk & Bone : orchestrations consistantes et mélodies entêtantes

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Le duo féminin le plus contemporain de la métropole présente un deuxième album aux orchestrations consistantes, où les deux voix enveloppantes chantent les désenchantements sans jamais basculer dans l’abattement.

On attendait ce nouveau disque avec impatience. Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne ont concocté de nouvelles chansons qui enjôlent l’auditeur d’un bout à l’autre.

Une atmosphère éthérée imprègne chacune des chansons. Par la fraîcheur des sonorités, cette musique électronique et mélancolique plonge l’auditeur dans un état de contemplation passive. Et parce qu’elles sont aussi passées à la machine, les voix se fondent naturellement dans ce décor synthétique.

La pièce de départ, Set in Stone, annonce des mélodies entêtantes. Une invitation irrésistible à sillonner les 13 autres plages aux refrains grisants. Du début à la fin du voyage, aucun changement de ton brusque : on prend les virages en douceur.

Mélancolique sans jamais être lourd

Pourtant, malgré des musiques à l’apparence épurée, il y a toute une puissance dans ce Deception Bay (la pièce comme telle et l’album dans son ensemble), amenée par des couches et des couches de sons, de rythmes et de chœurs. Un façonnage beaucoup plus poussé et complexe que sur Little Mourning paru en 2015. Pour ce minutieux travail de bidouillage en studio, le duo retrouve son réalisateur complice Gabriel Gagnon.

L’auditeur, lui, retrouve l’humeur chagrinée, mais jamais lourde du duo. La chanson la plus triste serait sans doute Tmrw, une lente ballade piano-voix, à laquelle s’ajoute la langueur des violons. Conçue avec Chilly Gonzales, cette pièce qui vous empoigne par le cœur contient une si belle affirmation : « I love myself more than you do » (je m'aime plus que tu m'aimes). Cette force contrebalance toutes les déceptions racontées, comme dans l’intense THE FLOOD. Pour la légèreté pétillante, on reviendra à Kids plusieurs fois.

On a fait référence à l’électropop scandinave pour décrire le son de Milk & Bone. Le groove rappelle aussi, parfois, les ballades américaines des années 90. Côté textes, en pop anglophone comme francophone, on pige souvent dans le même vocabulaire. Cependant, ici aussi, les deux jeunes femmes excellent et arrivent à s’approprier les mots d’usage en y ajoutant leur singularité. Ce bassin de mots-clés garantit peut-être une plus grande diffusion, et on ne leur souhaite aucune déception de ce côté-là, au contraire. On leur souhaite de conquérir des espaces aussi vastes que ce que leurs chansons suggèrent. Et même au-delà.

Bonne écoute, ou devrait-on plutôt dire : bon voyage.