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Juliette Armanet : le nouveau souffle de la variété française

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Par
Ariane Cipriani

On n’avait pas eu l’occasion de vous offrir cet album en version intégrale, quoique plusieurs des chansons tournent abondamment sur nos ondes depuis sa sortie. Voici donc Petite amie, de Juliette Armanet, dont l’univers très féminin, aux couleurs pâles, ravit le public français.

Elle nous a charmés d’emblée aussi, cette pianiste chanteuse délicate qui s’est imposée solidement avec son premier disque, en plus de signer Un autre que moi, interprétée par Fishbach, un des plus gros tubes de 2017.

Pour son disque à elle, Juliette Armanet ne s’est pas trop posé de questions : elle s’est assise au piano et a décliné le sentiment amoureux sous toutes ses formes, pourvu que la tendresse y soit : le désir, le chagrin, la rencontre, la rupture, la solitude. À l’écoute du premier extrait, L’amour en solitaire, on a l’étrange sensation qu’on l’attendait, cette musique.

L’amour de l’autre et l’amour des mots

Juliette Armanet hésitait entre devenir journaliste ou devenir chanteuse. Les deux métiers requièrent une bonne maîtrise de la langue et l’utilisation des mots justes. Ces derniers forment donc le noyau de son matériel musical, la source première dans laquelle elle puise plaisir et créativité. Pour ses chansons, l’auteure-compositrice, qui est avant tout une lectrice insatiable, privilégie un vocabulaire simple, mais original. Avec sa plume efficace et ciselée, elle évoque sans filtre des émotions fortes et beaucoup de nostalgie. Étonnamment, c’est sa voix fine et aiguë qui ajoute de la pudeur aux déclarations.

La jeune femme de 33 ans aurait très bien pu se cantonner dans la formule éprouvée de la ballade piano-voix; elle y excelle (Sous la pluie, Alexandre, L’accident) et pourtant, elle se laisse aller à d’audacieuses factures pop, jusqu’à flirter avec le disco (L’indien) et délaisser parfois le chagrin d’amour au profit de la sensualité (Manque d’amour). Si l’album exprime à plusieurs reprises une affirmation de soi et une indépendance certaines, le romantisme ne passe pas de mode et il atteint son sommet dans la pièce Alexandre. Par contre, il y a ce décalage dans les vidéoclips : la brigade d’hommes à moitié nus, style César et les Romains, ou le cheval blanc crinière au vent font sourire, mais semblent en même temps esthétiquement dépassés.

Sa voix rappelle celle de Véronique Sanson. On a aussi comparé ses chansons à celles de Michel Berger et d’Alain Souchon. Avec raison : comme chez ces deux chanteurs, que le public affectionne inconditionnellement, même les mélodies les plus enjouées (Cavalier seule, Un samedi soir plein d’espoir), une intime mélancolie se pointe toujours le bout du nez, comme une présence amicale.

L’apogée, pour Juliette Armanet, c’est de se retrouver sur scène, lieu de vérité et d’échange qu’elle affectionne davantage que le studio. En 2018, elle fera deux fois l’Olympia de Paris. Si ça lui dit de traverser l’Atlantique, on l’attend.


Compléments :
- La webradio Nouvelle chanson française
- L'hommage à France Gall par Monique