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Telemann par Nevermind : rassurant et excitant

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Frédéric Cardin

Le quatuor français Nevermind a un nom inhabituel pour un ensemble classique. C’est voulu. Les quatre jeunes même pas encore trentenaires revendiquent fièrement leur amour de la musique baroque, en apparence pointue. Tant pis (nevermind), nous on en fait! Et ça marche! Leur deuxième album, consacré à Telemann et ses quatuors parisiens, vient de paraître et confirme le renouvellement actuel de la musique classique grâce à une nouvelle génération emballée et emballante.

Le violoniste Louis Creac’h, à la question « Quel est l’adjectif qui vous décrit le mieux? », répond : poilu. Ce qui irait aussi parfaitement bien avec le claveciniste Jean Rondeau (tignasse et barbe proéminentes!), qu’on imagine facilement déambuler quelque part dans le Mile-End montréalais. Vous voyez le genre?

Le quatuor atypique, qui comprend aussi Anna Besson à la flûte et Robin Pharo à la viole de gambe, affirme assumer pleinement son amour de la musique des années 1600-1700 (mais aussi le jazz! Les entendrons-nous un jour jammer? Qui sait…). Les musiciens disent aussi avoir envie de jouer des compositeurs moins connus, ou des œuvres peu touchées en général.

Il faut dire que ce n’est pas le matériel qui manque! La période baroque est foisonnante de musique que nous n’avons pas encore (ou rarement) entendue.

Georg Philipp Telemann a été tellement prolifique qu’il a laissé des milliers de pièces à la postérité. Ce nombre effarant, ajouté à l’ombre écrasante d’autres compositeurs tels que Bach, Haendel et Vivaldi, a fait en sorte qu’il reste encore des tonnes de très belles musiques à interpréter issues de sa plume.

Nevermind nous offre des quatuors écrits quand Telemann était à Paris, et l’un d’entre eux est même ici enregistré pour la première fois!

Ce sont des pièces délicieusement pimpantes, pleines d’élan et de bonne humeur. On a l’impression de déjà les connaître, tant ce style est maintenant familier, mais en même temps, on la découvre pour la première fois puisque, pour la plupart, ces quatuors sont méconnus.

Les membres de Nevermind jouent avec une intensité de caractère qui touche immédiatement l’auditeur et avec une précision technique des attaques qui agit comme l’ajout d’une dose bien pimentée dans la recette initiale.

Cette attitude à la fois dévouée et un brin déjantée à l’égard de la musique ancienne est non seulement agréable à constater, mais surtout salutaire : ces jeunes vont assurer l’épanouissement de cette musique pour 40 ou 50 autres années. C’est rassurant, et excitant. Comme la musique de Telemann.

À écouter également : 2 vidéos de Jean Rondeau (le claveciniste de Nevermind) enregistrées par ICI Musique à la salle Bourgie à Montréal

Rameau : Nouvelles Suites de Pièces de clavecin, Suite en la mineur No 3, Sarabande
Rameau : Les Sauvages

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